Le débarquement du 6 juin 1944: le pari complètement fou des Alliés

Un documentaire captivant rappelle à quel point le Débarquement normand, 75 ans après les faits, reste l’un des plus intenses thrillers géostratégiques de l’histoire.

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Il y a les images gravées dans nos têtes à cause des films. Il y a aussi les chiffres: 5.000 navires, 10.000 avions, 155.000 hommes. Et bien sûr, il y a les musées ou les cimetières immenses remplis de stèles blanches, devant lesquelles il est difficile de retenir son émotion. Ce que l’on a souvent tendance à oublier, c’est que l’opération Overlord, qui s’est déroulée il y a tout juste 75 ans, fut à deux doigts d’échouer. Parce que le 6 juin 1944, énormément de choses se sont passées pour que la balance de l’histoire finisse par pencher du bon côté. C’est précisément ce que le documentaire L’histoire du Débarquement a décidé de raconter, en expliquant le pari complètement fou des Alliés qui, pour libérer l’Europe, ont réussi à être plus malins que Hitler.

Car afin de mener les nazis à leur perte, les armes et le sang n’auraient hélas pas suffi. Aussi, dans l’ombre, d’autres guerres furent élaborées. Celle de la météo, soit la conquête de stations-clés à l’extrême nord du globe, qui permirent aux Alliés de profiter d’informations cruciales pour le jour J. Celle des mathématiques, aussi, incarnée par un Alan Turing qui parvint à décrypter les communications secrètes de la Wehrmacht. Celle de l’information, encore, qui nécessita notamment l’appel à des Indiens comanches pour que les messages ne soient pas compris par les Allemands.

À côté de cela, les agents secrets imaginèrent une vaste campagne de désinformation, des commandos menèrent des actions ultra-ciblées, tandis que l’on utilisa des fausses armées de bois ou même le sosie d’un célèbre général afin de brouiller la vision de l’ennemi. Un attirail hallucinant, qui a atteint son apogée lorsque Hitler lui-même fut berné sur la date et le lieu de l’assaut. Dans ce hors-série de l’émission Cellule de crise, la parole est donnée à deux des meilleurs connaisseurs de la Seconde Guerre mondiale: l’historien Olivier Wieviorka et la documentaliste Deborah Ford. Pour illustrer leurs dires, le récit mélange les images d’archives à des reconstitutions remarquables avec des comédiens incarnant Eisenhower, de Gaulle ou Rommel – entre autres – mais aussi les résistants, les stratèges méconnus ou les espions. Résultat? Un thriller presque moderne, à la fois inédit dans sa forme et inouï dans sa façon de secouer nos connaissances.

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