Le beau monde de Vincent Peiffer: un grand coton-tige

L’histoire de Delphine Boël et du roi borné, c’est aussi celle de la lenteur de la justice…

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Elle dit quoi, la Bible? Je demande ça parce qu’à la suite d’années de galipettes extraconjugales et d’une Delphine née en 1968, Albert et Paola se sont rabibochés autour de leur foi qu’on dit fervente. Et donc la Bible, qu’est-ce qu’elle raconte? Qu’on peut tranquillement jeter sa gosse comme une chaussette usée? Je ne crois pas. En attendant, il aura fallu cinq ans depuis le début de l’action de Delphine Boël en reconnaissance de paternité et cinq ans d’indignité d’un (ex-)roi hypocrite et borné pour que notre justice arrive enfin à du concret: un grand coton-tige va prélever l’ADN d’Albert II. S’il refuse, ce sera 5.000 euros d’astreinte par jour. Mais le résultat restera secret (de Polichinelle). Et peut-être inutile. Parce que le 25 octobre dernier la cour d’appel de Bruxelles s’était prononcée sur l’autre volet de la belle affaire: non, Jacques Boël n’est pas le père légal de Delphine Boël. Elle avait même déjà ordonné une expertise génétique permettant d’établir ou non un lien de filiation entre Delphine et le roi Albert II.

Sauf que! Bien entendu, les avocats de Sa Majesté sont des procéduriers de première. Directement après l’arrêt du 25 octobre, ils ont fait appel à la Cour de cassation pour vérifier si, des fois, il n’y aurait pas eu une ch’tite erreur de procédure dans le jugement sur la non-paternité légale de Jacques Boël, qui pourrait tout foutre en l’air. On ne sait jamais. Et la Cour de cassation étant tout sauf un bolide, elle ne rendra son avis que dans un an… ou deux. Et jusque-là, il se passe quoi? Rien. Et qui y gagne? Personne. Sauf bien sûr les avocats. Cinq ans d’affaire (peut-être six ou sept), ce sont des monstrueux honoraires d’avocats et des frais de justice bien mastoches. Payés par qui? Par vous et moi, via la dotation de plus de 900.000 euros versée chaque année à Albert pour on ne sait trop quoi.

C’est pourquoi j’ai une requête: Sire, comme cette affaire me gonfle profond et qu’on n’en a pas fini, pourriez-vous me confirmer par mail que vous me rembourserez bien la part des honoraires et des frais de justice à laquelle j’ai contribué? Oh, ce ne seront que quelques centimes. Mais c’est pour le principe. Merci d’avance.

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