Pollution de l’air: l’immobilisme qui tue

Une nouvelle étude pointe les dégâts qu'un air pollué cause à notre organisme. Cœur, poumons, peau, articulations, aucune partie du corps n’est épargnée... Il faudra plus qu'un nouveau "parking de dissuasion" pour y remédier.

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Un nouveau parking de 1.350 places a été inauguré ce lundi matin par les autorités de la commune d’Anderlecht et de la Région Bruxelloise. Ce « parking de dissuasion », situé à la sortie du ring de l’IKEA Anderlecht, offre une nouvelle solution de mobilités pour les automobilistes venant de l’E19-E429 (Charleroi, Mons, Nivelles, Tournai, Ath, Enghien) grâce à sa connectivité avec les lignes de bus, mais surtout la ligne de métro 5 de la STIB (arrêt Ceria). Les navetteurs peuvent déposer leur voiture toute la journée aux portes de Bruxelles et rejoindre le centre-ville en 20 minutes de métro.

Avec ce parking, la région bruxelloise double sa capacité d’accueil de ses parkings de dissuasion aux portes de la capitale. Bruxelles dispose maintenant de 100 places à Erasme, 350 places à Uccle-Stalle, 350 places à Delta, 200 places à Hermann-Debroux, 189 places à Roodebeek, 172 places à Crainhem, et 1.350 places au Ceria. Bref, 2.700 places alors que la région bruxelloise en prévoit 10.000 d’ici quelques années, selon un plan annoncé en 2014… À quelques jours des élections, le timing de l’inauguration ne doit évidemment rien au hasard de calendrier: la mobilité à Bruxelles sera l’un des enjeux principaux de la prochaine législature. Dans l’intérêt de tous, il est plus que temps de passer à la vitesse supérieur pour désengorger la ville. Et vite.

Avec plus de 90% de la population mondiale exposée à un air extérieur toxique, la pollution de l’air est devenue une « urgence de santé publique » pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Selon une nouvelle analyse, 8,8 millions de décès prématurés surviennent chaque année à cause de la pollution de l’air, soit le double des estimations antérieures. Des statistiques qui en font une cause plus meurtrière que le tabagisme ! L’impact des différents polluants sur de nombreuses maladies reste encore à établir, ce qui suggère que les dommages cardiaques et pulmonaires connus ne sont que « la partie émergée de l’iceberg« , rapporte le quotidien britannique The Guardian.

Toutes les cellules du corps

Une récente étude révèle les dégâts inimaginables qu’un air pollué par les gaz d’échappement (entre autres) cause à notre organisme. Les scientifiques à l’origine des recherches affirment que « les particules ultrafines traversent les poumons, puis sont transportées par la circulation sanguine pour atteindre pratiquement toutes les cellules du corps. » Ces particules s’attaquent d’abord aux poumons, causant asthme, cancer ou laryngite aigüe. Elles favorisent ensuite les maladies cardiaques, le cœur étant fragilisé par une réduction des artères et un affaiblissement des muscles.

Des études sur les animaux ont même montré qu’elles peuvent remonter le nerf olfactif jusqu’au cerveau. Les accidents vasculaires cérébraux, la démence et la diminution de l’intelligence sont autant d’affections du cerveau qui peuvent être liées à la pollution atmosphérique. Sans oublier le manque de sommeil, qui peut également être une conséquence de l’inhalation d’air toxique. Avec l’exposition à la pollution de l’air, la fécondité est réduite et les fausses couches augmentent. Les bébés à naître sont également touchés, une étude récente ayant révélé la présence de polluants dans les placentas qui nourrissent les fœtus…

La directrice de l’OMS chargée de la santé publique et de l’environnement, Maria Neira, n’est pas surprise par ces résultats: « Cela s’ajoute aux preuves très lourdes que nous avons déjà. Il y a plus de 70.000 articles scientifiques qui démontrent que la pollution atmosphérique affecte notre santé », affirme-t-elle en appelant les pouvoirs politiques à prendre des mesures. « Nous avons des mégalopoles où tous les citoyens respirent de l’air toxique. Cependant, avec les tonnes de preuves que nous amassons aujourd’hui, les politiciens ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas. » 

Parking de dissuasion, nouvelle ligne de métro, « autoroute » pour vélos… En matière de mobilité, mais aussi de santé, il est urgent de bouger. Au propre comme au figuré.

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