Les festivals belges, ces professionnels de l’écologie

L'écologie est au cœur de l'actualité et des préoccupations. Un enjeu primordial pour certains festivals. Quelles mesures prendront-ils pour éviter d'impacter drastiquement l'environnement ?

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Voilà déjà plusieurs mois que les initiatives citoyennes en faveur d’une politique plus efficace en matière d’écologie se multiplient. Plus une semaine ne passe sans qu’un nouveau document scientifique alarmant ne vienne s’ajouter à la pile de plus en plus volumineuse. Marches pour le climat, manifestations étudiantes, discours, figures emblématiques, si elles ne bougent pas encore suffisamment, les choses avancent.

Chaque année, une dizaine de festivals rassemblent des centaines de milliers de visiteurs partout en Belgique. Gobelets en plastique, mégots de cigarettes et autres détritus sont généralement également de la partie. Depuis plusieurs années, tous essayent de mettre la main à la pâte plus ou moins intensément pour réduire leur empreinte carbone et leur production d’ordures. Si les festivals 100% zéro déchet ne sont pas encore franchement d’actualité, tous opèrent une réflexion et pas forcément en réponse à l’actualité des derniers mois. « On s’est enfin décidé à communiquer sur autre chose que la musique, même si l’écologie a toujours été une priorité. Avant, on voulait privilégier la mise en avant des groupes. Et puis il y a aussi le fait que les mentalités ont changé et que les citoyens sont plus sensibles à ça« , détaille Sylvie Denoncin, présidente de l’asbl Dour Développement Durable. Et c’est un fait, tous nos festivals font des efforts importants depuis un moment. Coup d’œil non-exhaustif sur les initiatives.

Dour Durable

Sur le site internet du festival wallon, l’onglet « Dour Durable » figure désormais aux côtés de la programmation et des infos pratiques. L’écologie est même au cœur de l’histoire de cet événement. Le festival est né de l’initiative d’un groupe de jeunes Dourois soucieux de préserver les zones naturelles et de sauver le Terril de la Machine à Feu. « Cette conscience écologique se revendique au travers de projets locaux et européens en lien avec le développement durable en milieu événementiel« , lit-on sur le site.

Le festival va plus loin puisque cette année, pour sa 31e édition, il déménage et troque son terril historique contre le parc éolien de la ville. Mais ce n’est pas tout, puisque Dour a aussi décidé d’instaurer un nouveau dispositif de tri des déchets, de proposer davantage de produits locaux ou des activités durables telles que le Green Agora, un village associatif dédié au développement durable. « Aujourd’hui, programmer de bons groupes ne suffit plus, c’est le concept dans son ensemble qui est apprécié par les festivaliers« , explique Damien Dufrasne, Directeur du Dour Festival. « Depuis 2014, nous avons pris ces thématiques à bras le corps en décidant de confier à une antenne, l’asbl 3D, la mission de proposer chaque année un festival toujours plus vert.« 

La Semo et marque ISO

Lancé il y a onze ans dans la province du Luxembourg, La Semo a également fait de l’écologie une de ses priorités. En plus de miser sur le durable et les alternatives écologiques, le festival est le premier au monde à avoir obtenu le prestigieux label international ISO 20121, une norme qui récompense les efforts en termes de management durable.

« C’est la reconnaissance d’un travail de fond que l’on mène depuis le tout début. Si on peut se targuer d’être à la pointe en matière durable, c’est parce qu’on a construit dès le départ le festival autour de ce critère central. C’est notre élément fondateur« , détaillait Samuel Chappel, fondateur de La Semo, au magazine Elle Belgique l’été dernier.

Les Ardentes et Wallonie#Demain

Comme 15 autres festivals qui ont lieu en Wallonie, les Ardentes font partie du projet Wallonie#Demain et s’unit en faveur de l’environnement et du développement durable. Tous ont signé la charte relative aux festivals par laquelle ils s’engagent à proposer à leurs visiteurs toutes sortes d’alternatives ecofriendly. En plus des bons réflexes habituels, Les Ardentes ont aussi décidé de ne plus avoir recours aux bannières en feutrine utilisées pour la visibilité des différents partenaires. À la place, le festival opte désormais pour des banderoles réutilisables et fait une croix sur près de 1000 mètres de tissus polluants.

Ronquières jusqu’à Madagascar

Chaque année, en compensation au CO2 émis, le festival plante des arbres. Au cours des six dernières éditions, ce sont 50.000 arbres qui ont été plantés à Madagascar. Ce qui fait surtout de Ronquières l’un des seuls festivals à émission négative. À ceci s’ajoute évidemment les gestes communs à la plupart des autres événements : utilisation de vaisselle réutilisable, accueil de commerçants locaux, sensibilisation, etc. Ronquières attache beaucoup d’importance à proposer à ses festivaliers, outre de la musique, une expérience emprunte de valeurs écologiques.

Des alternatives coûteuses

En plus de ceux énumérés, chaque festival belge tente d’apporter sa pierre à l’édifice et de penser son fonctionnement et son organisation de manière plus verte. À échelle européenne, plusieurs projets sont également en cours de développement afin que des ambitions communes soient pensées.

Par contre, tendre vers un festival davantage ecofriendly/zéro déchet demande davantage de moyens. Pour le moment, une grande partie des festivals situés en Wallonie bénéficie de subsides de Wallonie#Demain. Sauf que ce n’est pas suffisant. « En Belgique, la tonne de déchets tout-venant coûte bien moins chère que celle recyclée, illustre Sylvie Denoncin. À Dour, nous faisons appel à 12 filières de tri différentes.« 

Reste que les efforts doivent être partagés avec les festivaliers et qu’il en va de la responsabilité de chacun. Tous soulignent l’importance du travail d’équipe et rappellent qu’un événement durable et éco-responsable ne peut avoir lieu que si les visiteurs prennent part au projet.

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