Le père Samuel à nouveau devant la justice

Le père Samuel se retrouve à nouveau devant la justice carolo. La saga judiciaire qui le poursuit depuis 2008, essentiellement pour escroquerie, semble avoir eu raison de son aura.

belgaimage-24911-full_1

Son numéro de portable n’est plus attribué. Ceux qui l’ont bien connu il y a vingt ans, ou même dix ans, n’ont pas gardé contact avec lui. L’heure de gloire du père Samuel semble bien derrière lui. Ses ennuis avec la justice ont, année après année, entamé une aura qui en aura hypnotisé plus d’un. En 2001, il avait fait l’acquisition, avec ses fidèles d’une église et d’un couvent pour 410.000 euros. Il l’avait alors inaugurée devant un parterre de personnalités belges. Le sulfureux prédicateur traditionaliste de la région de Charleroi avait alors pignon sur rue.

Il disait : « Dieu rembourse à 300% »

Une journaliste qui avait enquêté sur le père Samuel début des années 2000 témoigne. « À l’époque, le père Samuel nous avait ouvert ses portes. Il était super charismatique. Quelques années après, il n’a plus voulu nous rencontrer. Aujourd’hui il se méfie », témoigne la journaliste. « On avait des témoignages de gens qui s’étaient sentis manipulés, qui avaient donné beaucoup plus que ce que leurs revenus leur permettaient, à qui il disait « il faut donner parce que Dieu rembourse à 300% ». » Le père Samuel n’a pas apprécié.

Même son de cloche du côté du chroniqueur Pierre Guelff, qui lui avait consacré un livre. Il n’a plus aucun contact avec lui depuis environ quinze ans. « Trop de divergences, dit-il. Au début, son « combat » contre la hiérarchie de l’Église et ses actions en faveur des démunis m’avaient intéressé sur un plan médiatique, au point, entre autres, d’écrire des ouvrages. J’ai probablement été celui qui lui a posé le plus de questions « pointues », voire dérangeantes. Mais par après, je ne pouvais plus – au risque de perdre ma déontologie – répercuter ses réponses, arguments, démonstrations… » Pourtant, à l’époque, « l’homme était charmant, disponible. Notre relation était cordiale ».

Il s’identifiait au christ

Année après année, procès après procès, il s’en est toujours sorti jusqu’ici. Grâce à de solides avocats qui ont multiplié les devoirs complémentaires. Et puis, « c’est quelqu’un d’habile. Et par rapport aux plaintes, beaucoup n’ont pas osé se manifester. Il avait pas mal de supporters », résume la journaliste. Lors de ses premières comparutions, en 2008, le père Samuel arrivait au palais de justice de Charleroi avec des dizaines de fidèles. Et le prêtre a réussi à maintenir son église dissidente au milieu de ses ennuis.

Ses litiges avec l’évêché de Tournai ont fait de lui un prêtre dissident dont aucun sacrement n’est reconnu par l’église catholique. Ses prises de position radicales vis-àvis des musulmans lui ont aussi valu d’être assigné en justice par le centre pour l’égalité des chances. Le père Samuel a le sens de la mise en scène. Il aime s’identifier au Christ pour susciter la dévotion de ses fidèles et leur générosité. Il y a deux ans, la chambre du conseil a prononcé un non-lieu dans ces histoires d’escroquerie. Mais certaines parties civiles ont fait appel. Le père Samuel possède une vingtaine de comptes bien garnis qui auraient servi à acheter des immeubles alors qu’il prétendait tout donner aux pauvres. Le père Samuel est aussi poursuivi pour exercice illégal de la médecine. Il prétendait guérir le cancer, le sida et l’infertilité. Echappera-t-il cette fois encore aux charges qui pèsent sur lui ?

Sur le même sujet
Plus d'actualité