La Wallonie a-t-elle vraiment perdu 2000 hectares de forêts en 20 ans?

Les forêts wallonnes auraient perdu plus de 2000 hectares depuis vingt ans selon Statbel. Un chiffre qui étonne les experts, pour qui la situation est en réalité plutôt positive.

©Belga

Sudinfo et Le Soir signalent aujourd’hui que la Wallonie a perdu 2008 hectares de forêt en vingt ans, citant des chiffres fournis par Statbel. Un chiffre à nuancer une première fois, puisque selon les quotidiens, la surface boisée wallonne serait passée de 496 229 à 494 221 hectares entre 2000 et 2018. Il reste donc encore de quoi faire.

Mais surtout, lorsque l’on appelle la Société royale forestière belge pour récolter son avis sur cette « perte », elle s’étonne de ces chiffres et en avance d’autres : 556 200 hectares en 2017 pour 548 750 en 2013. « Ces derniers chiffres sont compilés par l’Office économique wallon du bois, explique Pierre-Olivier Bonhomme, responsable de projets à la SRFB. Ils vont à contre sens de ceux que rapporte Le Soir. Je ne connais pas la méthode de calcul de la superficie forestière de Statbel, peut-être est-elle erronée. »

Direction donc l’Office économique wallon du bois. Là, on est formel, la surface forestière wallonne ne diminue pas. « En Ardennes, on note un conflit d’usage entre les surfaces agricoles et forestières, ce qui pourrait jouer sur une petite perte de surface boisée, signale Eugène Bays, responsable veille à l’Office. Et les petits propriétaires privés ont une gestion plus épisodique, voire inexistantes, de leurs terrains. Ils les laissent parfois en friche. Mais globalement, comme le montre les chiffres, les surfaces boisées ont plutôt tendance à augmenter ces dernières années. Ce n’est pas la première fois que je constate des bizarreries dans ce genre d’études. »

Bref, c’est l’occasion de prendre des nouvelles de l’état des forêts wallonnes. Elles sont, selon Emmanuel Defays, directeur de l’Office économique wallon du bois, plutôt choyées dans le sud du pays. « Nos zones forestières publiques sont attentivement et habilement gérées par le Département Nature et Forêt de la Région wallonne. Et les propriétaires privées sont de plus en plus impliqués dans la gestion de leurs forêts. Au niveau sanitaire par contre, on est plus inquiet. Les massifs résineux, qui représentent 43% de la surface, sont forts atteints par le scolyte. Et les feuillus souffrent également : les chênes dépérissent et les frênes sont malades au point que l’on envisage leur disparition. Le bilan de santé de nos arbres nous préoccupe mais la gestion est bonne et la Wallonie est sur la bonne voie pour régler ce problème. »

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