Star Wars: quel goût a ce May the Fourth depuis la reprise de Disney?

Ce samedi 4 mai, les fans de la saga créée par Georges Lucas sont invités à partager leur passion. A-t-elle résisté aux gros sabots de Disney ? A voir.

©Belga

Ils sont des millions à travers le monde. Et probablement des milliards au cœur des galaxies très, très lointaines. Ce samedi est une journée spéciale pour les fans de Star Wars. La raison tient en un subtil calembour : May the Force be with you se déclinant en May the fourth be with you. Le 4 mai est donc en eux et ils vont le célébrer comme il se doit, à coups de conventions ou de marathons dans leur garage. Mais à l’heure de l’omniscience de Disney, dans quel état d’esprit sont les fans de la première heure ? Ceux qui ont découvert la trilogie originale, entre 1977 et 1983, aussi crasseuse que révolutionnaire. « Actuellement, les 4 mai ont une saveur un peu particulière, confie Jérôme Fabry, responsable de la section belge francophone de la 501e Fanwars Garrison. Ils sont plus agréables qu’entre 2002 et 2015 où il y a eu un grand vide. Mais il faut reconnaitre que depuis l’annonce de la reprise de la saga par Disney, ils ont un goût un peu amer. On ne sait pas vraiment à quoi s’attendre. »

L’occasion pour celui qui est aussi réalisateur freelance de conter une petite anecdote sur les coulisses du merchandising à la Disney. « Je participais un jour à une réunion entre RTL et Disney Belgique pour voir comment allait être mise en place la publicité pour la sortie de l’épisode 7. Dans les armoires de Disney se bousculaient une tonne de produits absurdes de la Reine des Neiges. Mais vraiment tout et n’importe quoi. Je me suis dit : « Mince, c’est ça que Star Wars va devenir… »

Quand vient le moment de juger les films eux-mêmes, Jérôme Fabry est, à l’image des millions de fans de la saga, mitigé. « L’épisode 7 nous a permis de nous replonger dans l’univers, mais c’était un reboot non-avoué. Il recycle globalement la même histoire que le 4. L’épisode 8 a encore plus divisé les fans. Et moi aussi. Du coup, certains sont dégoûtés et n’attendent plus rien de la conclusion de cette trilogie qui sort à la fin de l’année. D’autres font confiance à JJ Abrams pour rattraper la sauce. » En réalité, depuis que Mickey a pris le contrôle du vaisseau de Georges Lucas, le seul film qui a fait l’unanimité est un spin-off. « On a retrouvé avec Rogue One ce qui faisait l’essence des épisodes 4, 5 et 6. Le film était plus sale, moins lisse que la prélogie. Avec des scènes de combats plus faciles à suivre. »

Costumes de pro

Jérôme Fabry découvre Star Wars un après-midi avec ses parents alors qu’il a neuf ans. En sortant du Retour du Jedi, il pressent déjà la place que Star Wars va occuper dans sa vie. « J’ai pris Star Wars en pleine tronche. A partir de là, j’ai grandi avec la saga. Puis j’ai commencé à participer à des conventions et je me suis retrouvé à aller chercher David Prowse (l’acteur sous le masque de Dark Vador dans les premiers épisodes) à la gare et à manger à la même table que Peter Mayhew, qui vient de nous quitter. J’ai également rencontré mon associé via Star Wars. »

l est aujourd’hui responsable de la 501e Fanwars Garrison, un groupe de passionnés qui a élevé le cosplay à un niveau de professionnalisme reconnu par Disney lui-même. La qualité de leurs costumes les amène à participer à tous types d’événements, pour certains caritatifs. « On m’a dit que je faisais ma crise de la quarantaine mais aujourd’hui j’adore vraiment cela. Ça nous permet de redonner ce que l’on a reçu. Nous rencontrons régulièrement des enfants malades et l’on voit l’émerveillement dans leurs yeux. Et parfois dans ceux des adultes. Car en général, durant les conventions, quand un père nous demande une photo avec son fils, on sent rapidement qu’en fait c’est lui qui voudrait poser avec nous. »

Jérôme « Stormtrooper » Fabry est la preuve que l’aspect commercial induit par la reprise de la plus importante saga cinématographique par Disney n’a pas encore eu raison de la passion des fans. « J’ose espérer que les gars de Disney savent ce qu’ils font. Mais je reverrai toujours la trilogie originale avec plaisir. Elle reste une référence pour moi, et tant que Disney ne fout pas tout en l’air et que l’univers de Star Wars continue à donner du rêve, je m’attellerai à le faire partager. »

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