Jamy Gourmaud « Je tairai donc son nom… »

Icône tombée du camion de C’est pas sorcier, il publie Mon tour de France. Respect et brin de causette.

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Votre livre commence ainsi: “En Belgique, une expression revient régulièrement dans les conversations: C’est gai”. Connaissez-vous d’autres belgicismes?

Euh… La drache. Je connais aussi l’interjection “oufti”…

Ça, c’est carrément un particularisme de Liège!

Exactement. En fait, j’ai beaucoup d’amis liégeois et verviétois que j’ai rencontrés en France, à la neige il y a quinze ans… On dit souvent que les vrais amis se comptent sur les doigts d’une main, certains de mes amis belges font partie de cette main!

Dans votre livre, la Belgique n’est citée qu’à la première ligne, tout le reste est consacré à la France. Êtes-vous de ces chauvins qu’on croise dans les campings et qui pensent que la France est la plus belle invention de la géographie?

Non, pas du tout. J’ai eu la chance de voyager et de découvrir des sites naturels, des sites géologiques aussi beaux et aussi riches que ceux de la France.

Toutes ces beautés de France! Vous avez dû être très triste de l’incendie de Notre-Dame…

J’ai été très touché. Le lundi 15 avril, on diffusait Le monde de Jamy, une émission sur l’espace avec Thomas Pesquet et nous étions réunis pour la regarder… Depuis la terrasse de nos bureaux, on a vu s’embraser le toit de la cathédrale… D’un côté, je regardais l’émission, j’essayais d’animer le live tweet et de l’autre, j’avais devant moi Notre-Dame en feu… Terrible!

Notre-Dame ne vous a pas fait de cadeau pour cette belle émission avec Thomas Pesquet

Je crois que je n’ai jamais été autant détaché d’un résultat d’audience.

Grâce à votre programme C’est pas sorcier, vous êtes devenu presque aussi célèbre que Casimir…

(Rire.) Oui, peut-être… Ma femme me le dit souvent d’ailleurs: “Tu es un peu le Casimir de la science.”

Votre femme, elle pense comme moi. Elle doit penser que vous êtes le troisième frère Bogdanov…

Ah! Ça, je vous laisse le penser… C’est très difficile de porter un regard sur ce que l’on est… Moi, je suis d’abord journaliste, même si, à l’époque durant mes études, j’avais un prof – présentateur, qui l’est toujours d’ailleurs, je tairai donc son nom… – qui disait toujours: “Jamy Gourmaud, il ne fera jamais de télé de sa vie.”

Quel flair!

Je ne lui en veux pas… C’est que la télé qu’on faisait à l’époque ne me convenait pas.

Dans la vie de tous les jours, êtes-vous du genre à tout expliquer? Vos enfants doivent être saoulés de vous entendre tout le temps tout expliquer…

(Rire.) Non, non, non. Je serai peut-être comme ça si j’avais eu une très grande culture scientifique. Mais moi, ce qui me plaît vraiment, c’est d’apprendre. Je ne suis jamais plus heureux que lorsque je m’attaque à un sujet que je ne connais pas…

Les jeunes adultes qui vous ont regardé pendant des années dans C’est pas sorcier doivent souvent vous reconnaître et vous interpeller en rue…

Venez avec moi, faites le test…

Ça va, c’est tenable? Ça ne vous donne pas envie de fuir?

Jamais! C’est beaucoup de bienveillance. On me dit souvent merci et c’est quand même assez rare dans le monde dans lequel on vit… Je ne vais surtout pas me plaindre. Ce ne serait pas sérieux.

Mon tour de France, Stock, 236 p.

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