La Belgique et le monde au chevet de la biodiversité à Paris

Les représentants de 132 nations se réunissent une nouvelle fois dans la capitale française pour discuter environnement et adopter la première évaluation mondiale des écosystèmes depuis près de 15 ans. Vent d'espoir ou "du vent" tout court (coucou la COP 21)?

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La Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES en abrégé – c’est plus simple) est à la biodiversité ce que le GIEC est au climat: un groupe d’experts qui s’appuient sur des conclusions scientifiques et publient des rapports alarmistes que peu de gens prennent au sérieux. Quoique ?

Les diplomates et représentants de 132 pays, dont le nôtre, se réunissent à partir de ce lundi à Paris pour adopter la première évaluation mondiale des écosystèmes depuis près de 15 ans. Le rapport de 1800 pages (!) sur lequel travaillent 150 experts de l’IPBES depuis trois ans – et qui sera publié le 6 mai prochain – devrait devenir la véritable référence scientifique en matière de « biodiversité », terme qui semble parfois un peu abstrait et qui désigne toutes les espèces animales ou végétales vivant sur la planète. Y compris celle qui se met elle-même en danger en détruisant la nature: l’Homme.

« Extinction de masse »

« Le patrimoine environnemental mondial (…) est en train d’être altéré à un niveau sans précédent », met en garde le projet de synthèse du rapport obtenu par l’AFP. « Une accélération rapide imminente du taux d’extinction des espèces » est attendue par les scientifiques et entre 500.000 et un million devraient devenir menacées, dont « beaucoup dans les prochaines décennies ». Des projections en accord avec ce que décrivent depuis des années certains scientifiques: le début de la 6e « extinction de masse », la première depuis l’arrivée de l’Homme sur la planète. « Homo Sapiens », un homme qui n’a de « sage » que son nom…

Avant la COP 25 qui se tiendra en novembre au Chili, de nombreux experts espèrent que ce rapport de l’IPBES sera le prélude à un accord aussi marquant que celui de Paris (déjà) sur le climat lors de la COP 21. Si, de fait, le texte était prometteur (et vise entre autres à maintenir le réchauffement climatique sous la barre des 1,5°C), on attend encore les mises en œuvre concrète à la hauteur des ambitions des dirigeants qui ont conclu le texte en 2015… Dans ces circonstances, difficile d’établir des prévisions optimistes pour la biodiversité. Vu l’ampleur des réformes à mettre en place, qui impliquent une véritable transformation de nos modes de vie sur une planète de plus en plus peuplée, les résistances risquent d’être encore plus fortes que pour la lutte contre le dérèglement climatique.

Pour Hilde Eggermont, la coordinatrice scientifique de la Plateforme belge pour la biodiversité cité par l’agence Belga, ce document (qui doit encore être formellement approuvé) « aura la légitimité scientifique qui est requise d’urgence pour intensifier les actions menées aux échelons national et mondial« . Le rapport sera également assorti d’un résumé à l’intention des décideurs qui doit être négocié point par point cette semaine, avant d’être adopté par les représentants des gouvernements (sur le modèle des rapports du GIEC)… Et réellement mis en application cette fois?

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