Les programmes électoraux sont-ils crédibles? Ce qu’en dit le Bureau du Plan

L'organisme fédéral a croisé les priorités des partis et leurs moyens de les financer. Maintenant, c'est à vous de jouer.

belgaimage-58047196-full

Pour lutter contre son nom un peu soviétique, le Bureau fédéral du Plan s’est lâché. Il n’aura pas pu donner une comparaison claire des programmes des 13 partis engagés dans les élections. Mais au moins on sait combien d’efforts auront été nécessaires pour dépatouiller les 300 mesures envisagées: 1964 tasses de cafés englouties par une soixantaine de collaborateurs. C’est le seul clin d’œil sur leur site (www.dc2019.be) où sont publiés l’imposante masse d’infos croisées.

La règle du jeu: chaque parti liste de 3 à 5 priorités, les idées principales pour les concrétiser et les financer, ainsi que les bénéfices que la Belgique devrait en tirer. L’organisme d’utilité publique pèse donc indirectement la crédibilité des programmes en chiffrant leurs impacts sur la croissance, le taux d’emploi, le revenu des ménages, les émissions de CO2… Mais c’est à nous de faire le travail et ce n’est pas simple.

Il faut d’abord remarquer qu’il existe un fossé, parfois un gouffre, entre les promesses de campagne et ce qu’elles deviendront dans l’exercice du pouvoir, sous les compromis d’une coalition. Il faut ensuite avouer que la profusion des données permet de pointer les petits génies et les gros fumistes qu’on veut, selon le critère choisi ou la population ciblée (classe moyenne, inférieure, précarisée…). Mais il est des vérités qui a défaut d’être absolues ont le mérite de faire sourire. On découvre ainsi que c’est plutôt la gauche et les Verts en particulier qui pourraient assurer la plus belle croissance dans les cinq années à venir, que si la droite défend mieux les revenus et l’emploi, elle aurait tendance à creuser la dette du pays.

En général, on préconise baisses d’impôts, mais peine à justifier leur compensation (limitation des indemnités de chômage pour la N-VA, pression sur les voitures de société pour les Verts…). Et comme toujours, on tire le joker: la lutte contre la fraude (près de 3 milliards de «gains» pour le cdH). C’est juste que le SPF Finances a perdu 1200 agents en deux ans et que, sans surprise, l’efficacité des contrôles fiscaux est à désespérer.

Sur le même sujet
Plus d'actualité