L’Europe a perdu plus de 450 milliards à cause du dérèglement climatique

Selon un rapport de l’Agence européenne de l’environnement, les catastrophes naturelles ont fait perdre 4 milliards d'euros à Belgique depuis les années 80.

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Une bagatelle. L’Agence européenne pour l’environnement (AEE) a calculé le coût des catastrophes naturelles à 453 milliards d’euros depuis 1980 pour les 33 pays qui composent l’Espace économique européen. Dans un rapport publié en ce mois d’avril, elle décompose les pertes liées au dérèglement climatique depuis près de quarante ans et note une nette accélération des dégâts économiques sur les dernières années, passant de 7,4 milliards annuels dans les années 80 à plus de 13 milliards par an depuis 2010.

C’est l’Allemagne qui a été la plus touchée, perdant l’équivalent de 96 milliards d’euros en quarante ans quand la France et l’Italie ont eu à gérer 62 et 64 milliards de pertes. La Belgique s’en sort relativement bien, ayant limité les pertes économiques dues aux catastrophes climatiques à « seulement » 4 milliards d’euros, soit un coût par habitant de 415 euros situant notre pays dans la moyenne basse des pays les plus frappés. À ce petit jeu « per capita », la Suisse (2609 euros par habitant), le Danemark (1936) et l’Autriche (1681) trônent en tête.

Selon l’AEE, plus de 70% des pertes se concentrent sur 39 événements. Les inondations de 2002 dans le centre de l’Europe constituent le plus coûteux, avec plus de 21 milliards d’euros de dégâts. Suivent la canicule de 2003 qui causa 68 000 décès à travers le continent (presque 15 milliards d’euros), la tempête Lothar à l’hiver 99 (13 milliards) et les inondations en France et en Italie d’octobre 2000 (13 milliards).

La sécheresse un an sur deux

L’Agence se risque également au jeu des prédictions. Et malgré la difficulté à mesurer le coût futur des aléas liés au climat en Europe, qui dépendra de plusieurs facteurs comme la résilience et la vulnérabilité de la société, des indicateurs variables selon les circonstances et les régions, les prévisions sont alarmantes. « Les températures extrêmes et les fortes précipitations vont nettement augmenter dans toutes les régions du monde, y compris en Europe. En outre, de grandes régions d’Europe seront exposées à un risque accru de sécheresse. »

Selon un précédent rapport de l’AEE, publié en 2017, les vagues de chaleurs vont s’intensifier, jusqu’à se produire une année sur deux à partir de 2050. « Le changement climatique augmentera la probabilité de défaillances systémiques dans les pays européens à la suite d’événements naturels extrêmes affectant de nombreux secteurs et entraînera vraisemblablement des pertes plus importantes. » Tout va bien.

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