À quoi servent les centres Fedasil ?

Hier soir, un enfant de neuf ans a été retrouvé mort sur le terrain du centre Fedasil de Broechem. Son décès est jugé suspect par les autorités compétentes. Combien de centres de ce type occupent le territoire belge et quelle est leur fonction?

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« Ce qui est arrivé est dramatique, a déclaré la ministre fédérale de l’Asile et de la Migration Maggie De Block dans un communiqué. Il n’y a pas de mots pour cela ». Depuis lundi soir, un petit garçon de neuf ans résidant au centre Fedasil de Broechem (province d’Anvers) était signalé disparu. Hier soir, le corps sans vie de l’enfant a été retrouvé sur le terrain du centre. Il séjournait dans cette structure avec sa mère. Le parquet, qui estime son décès suspect, a demandé à un juge d’instruction d’instruire une enquête pour des faits de meurtre. Le Premier ministre Charles Michel a quant à lui promis une enquête « transparente et indépendante ».

Les centres Fedasil sont fréquemment au cœur de l’actualité. Depuis l’été dernier et l’augmentation importante du nombre de demandeurs d’asile, le réseau d’accueil est en effet sous pression. La création de 2.000 places supplémentaires depuis janvier n’a pas suffi à stabiliser la situation. En mars dernier, 1.663 demandes ont été traitées, mais 2.118 nouveaux dossiers ont été déposé dans la foulée. Le retard accumulé par l’Office des étrangers est loin d’arranger les choses. La durée du traitement des dossiers est passée d’un mois et demi en 2017 à quatre mois aujourd’hui… Deux nouvelles structures à Deurne et à Couvain devraient prochainement ouvrir leurs portes.

Combien de centres ?

La Belgique compte 58 centres d’accueil pour demandeurs d’asile. Fedasil, l’organisation fédérale chargée de cet accueil, en gère directement 20. Les autres sont gérés par la Croix Rouge (20), son équivalent flamand Rode-Kruis (15), Caritas (1), les Mutualités socialistes (1) et le Samusocial (1). Les résidents y trouvent une aide matérielle (le logement), un accompagnement social et médical et peuvent y suivre des formations et d’autres activités.

© Fedasil© Fedasil

En plus de ces centres, les demandeurs d’asiles peuvent également bénéficier de logements individuels gérés par des CPAS et des associations. Ainsi, 457 CPAS organisent l’accueil de demandeurs d’asile via une ‘ILA’ (initiative locale d’accueil).

Au total, notre pays dispose de 20.000 places d’accueil (structures collectives et individuelles). Depuis octobre 2014, les centres collectifs sont la norme. Les logements individuels sont réservés aux personnes dites « vulnérables », soit les femmes enceintes, les personnes isolées avec enfants, les personnes souffrant d’un handicap… 

Quelle procédure ?

Pour obtenir l’asile, le demandeur commence sa procédure au centre d’arrivée de Fedasil (situé depuis décembre dernier dans le Petit-Château de Bruxelles). Après y avoir enregistré sa demande de protection auprès de l’Office des étrangers, il doit ensuite se rendre au Dispatching de Fedasil (situé au même endroit) qui lui choisit une place d’accueil. S’ensuit un examen médical général, l’exécution de certains vaccins recommandés par les autorités de santé publique (rougeole, oreillons, rubéole, polio…) et une radiographie des poumons (pour éventuellement dépister la tuberculose). « Les demandeurs doivent subir cet examen tous les six mois pendant les deux premières années de leur séjour en Belgique« , précise l’organisation.

© Belga ImageLe « Petit-Château » de Bruxelles © Belga Image

Combien de temps le demandeur d’asile reste-t-il dans le centre ? Jusqu’à ce que sa procédure de protection internationale soit terminée et que ses procédures de recours sont épuisées. Si sa demande est acceptée, le réfugié reçoit un permis de séjour et peut encore rester deux mois dans la structure d’accueil, le temps de se trouver un logement. Si sa demande est refusée, le demandeur reçoit un ordre de quitter le territoire. D’après Fedasil, « un résident peut toujours quitter le centre quand il le souhaite », à la différence des centres fermés où sont détenus les étrangers en situation irrégulière (sans titre de séjour, sans-papiers…).

Le centre d’accueil de Broechem où l’enfant de neuf ans a perdu la vie est l’un des centres géré directement par Fedasil et peut accueillir 350 demandeurs. Les collaborateurs du centre sont sous le choc. « Tout le monde est très éprouvé », a déclaré Fedasil. Cinq suspects ont été interpellés et seront entendus par les enquêteurs.

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