Des huées de l’opposition à la démission: le gouvernement Michel en cinq dates clés

Ce jeudi 25 avril marquait la dernière séance au parlement du gouvernement Michel. Retour sur une législature plutôt chaotique.

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Un premier discours inaudible

Le 3 octobre 2014, à la surprise presque générale, Charles Michel annonce la formation d’un gouvernement avec le MR, le CD&V, l’Open VLD et la … N-VA. Il avait pourtant juré de ne jamais s’allier avec les nationalistes flamands. Cette décision, ainsi que les déclarations polémiques de Jan Jambon sur la collaboration et la participation de Theo Francken à l’anniversaire d’un ancien collaborateur, lui vaudront les huées de l’opposition lors de sa déclaration de politique générale à la Chambre.

Peu avant sa prise de parole, la députée socialiste Laurette Onkelinx demandait des explications sur les deux concernés. « Depuis la prestation de serment, deux faits majeurs sont venus perturber la jeune vie de ce gouvernement », avait-elle déclaré, visant les situations polémiques du ministre Jan Jambon et du secrétaire d’État N-VA Theo Francken. Un début de législature houleux.

« Jobs Jobs Jobs »

Ce célèbre slogan, né en 2015 lors du premier anniversaire du gouvernement, a été la pierre angulaire, voire l’obsession, du gouvernement Michel. Le résultat: 222.000 emplois en quatre ans, un chômage en baisse et un saut d’index.

#opkuisen, signé Theo Francken

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Connu pour ses positions fermes sur l’accueil des réfugiés et des migrants, le Secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration manque une occasion de se taire le 13 septembre 2017. Dans un post Facebook, il écrit : « Ce matin, 14 personnes ont été arrêtées dans le parc Maximilien et 9 dans la gare du Nord, dont 3 mineurs déclarés. D’après les informations fournies par la police, il n’y a pratiquement plus personne dans le parc. #nettoyer ». C’est ce dernier hashtag qui provoque bien évidemment une polémique, car comme le disait si bien Groen à l’époque : « On nettoie la saleté, pas les gens ». Réponse de Francken : « Je ne nettoie pas des gens, je nettoie des problèmes et je vais continuer à le faire ». L’homme assume, et son post Facebook n’a d’ailleurs pas été supprimé.

Démissions en série

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Le gouvernement Michel a aussi été marqué par plusieurs départs, à commencer par Hervé Jamar, rapidement remplacé par Sophie Wilmès en septembre 2015. Ensuite, Jacqueline Galant le 15 avril 2016 : après le dossier « Clifford Chance », son manque de fiabilité dans le maniement des chiffres (2 milliards ou 663 millions ?) et un bilan invisible, la ministre de la Mobilité rend les armes après un an et demi. La législature sera aussi marquée par les départs de Willy Borsus, Bart Tommelein et Elke Sleurs. Et bien sûr par les cinq ministres N-VA, Jan Jambon, Jan Van Overtveldt, Zuhal Demir, Theo Francken et Sander Loones en décembre dernier.

Game Over

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Le 18 décembre 2018, Charles Michel présente sa démission, acceptée quelques jours plus tard par le Roi Philippe. Le Premier ministre baisse les bras après les débats animés sur le fameux Pacte migratoire. Bien que non-contraignant, il est rejeté en dernière minute par la N-VA qui, devant la décision ferme de Michel de se rendre à Marrakech pour le signer, quitte le gouvernement. Suite au départ des ministres nationalistes flamands, le Premier ministre avait pris la tête d’un gouvernement minoritaire et avait ensuite annoncé son intention de se tourner vers le Parlement, faute d’unanimité au sein de son gouvernement sur le Pacte migratoire. Après le dépôt d’une motion de défiance, Michel décide de démissionner et plonge la Belgique dans un système qu’elle ne connaît que trop bien : les affaires courantes…

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