Le Belge est-il encore productif?

C’est une première en six ans: la productivité, point fort de notre économie, connaît une baisse de régime. La nouvelle coïncide avec l’annonce d’un plan de détection du burn out…

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Certains pays possèdent du pétrole. D’autres s’appuient sur des réserves minières, une main-d’œuvre bon marché ou encore l’innovation technologique. Chez nous, la principale raison de notre richesse porte un autre nom: la productivité. Cette année encore, la Belgique occupe la quatrième place sur la liste des économies les plus productives au monde. Seuls trois pays font mieux: la Norvège, le Luxembourg et l’Irlande, rapporte L’Écho. Au final, c’est en grande partie à cette productivité que les Belges doivent leur niveau de vie élevé. Une baisse pourrait être source d’inquiétude. Or, voilà justement ce qui vient de se passer. Pour la première fois en six ans, celle-ci a baissé de 0,1 %. Pire: la majorité des autres pays ont poursuivi en 2018 leur progression, tandis que les hausses de 2016 et 2017 se sont déjà révélées faiblardes en comparaison avec nos voisins. C’est ce qui ressort d’une enquête annuelle menée par un bureau d’études américain.

Plus productif, toujours plus productif: voilà pourtant aussi ce qui peut mener à des burn out et des absences de longue durée. Qui eux-mêmes entraînent… une baisse de la productivité. Hasard du calendrier: notre ministre des Affaires sociales et de la Santé, Maggie De Block (VLD), lance ce mois-ci une campagne de prévention pour aider à détecter le burn out. Un site Internet, www.stressburnout.belgique.be, vient de voir le jour. C’est quoi, un burn out? Quels sont les symptômes annonciateurs et comment se reconstruire plus tard? Autant de questions auxquelles la plateforme propose des réponses. Sympa, reste à voir si l’impact sera important. Or, on peut déjà en douter. L’idée rappelle un peu d’ailleurs l’histoire des coachs anti-burn out. L’idée lâchée en juin 2017 par le ministre de l’Emploi Kris Peeters (CD&V) a rapidement fait pschitt. Cinq mois plus tard, les partenaires sociaux l’enterraient. 

En Belgique, 130.000 travailleurs salariés et 5.600 indépendants sont officiellement confrontés à des affections mentales pendant plus d’un an. En y ajoutant les salariés qui s’ignorent et les indépendants qui mordent sur leur chique, le nombre réel est évidemment plus élevé. La lutte contre le burn out, tout comme l’amélioration de notre productivité feront partie des défis du prochain gouvernement. Et les deux batailles ne sont pas antinomiques. Non. Car le travailleur belge n’a pas grand-chose à se reprocher. Les causes sont ailleurs: manque d’investissements et d’innovation des entreprises et impressionnants problèmes de mobilité à Anvers et Bruxelles. Pourtant, c’est bien notre qualité de vie qu’elles impactent.

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