Elections 2019 : pour quel parti flamand voteriez-vous ?

Le programme d'un parti flamand pourrait-il vous séduire ? De gauche à droite, embarquons pour un petit tour des formations politiques du Nord du pays. 

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La parenthèse de Pâques est refermée et, à un peu plus d’un mois des élections, les partis entrent dans la dernière ligne droite de leur campagne. Tandis que la course aux électeurs fait rage de part et d’autres de la frontière linguistique, certains représentants politiques essayent également de séduire les citoyens de la région « d’en face ». Séduire, ou plutôt rassurer. C’est notamment le cas de Jan Jambon, ouvertement candidat au poste de Premier ministre, et qui était invité dans l’émission Matin Première ce mardi. L’homme fort des nationalistes flamands avait un message clair : « Francophones, n’ayez pas peur de la N-VA. » 

Le bourgmestre de Brasschaat (commune de la province d’Anvers) expliquait sur les ondes de la RTBF qu’il n’y avait plus de raison de craindre son parti. « Nous sommes des gens responsables qui peuvent faire un accord avec d’autres partis, y compris des partis francophones, et rester loyal à cet accord. » La stratégie de la N-VA consiste selon l’ancien ministre de l’Intérieur à « prendre [ses] responsabilités à tous les niveaux. Dans les communes, les provinces, les régions – en Flandre et à Bruxelles – et au fédéral. On veut restructurer le pays de l’intérieur. Pas faire une révolution ni une destruction. Faire évoluer les choses dans l’avantage de la Flandre, de la Wallonie… et aussi de Bruxelles. » 

Belga

Jan Jambon déclarait même ouvrir la porte à une possible coalition avec le PS mais exclu catégoriquement de former un gouvernement avec les écologistes : « Ils vont créer une catastrophe économique. Le grand problème, ce n’est pas nous, mais la Chine, l’Inde et les Etats-Unis. (…) Toutes les technologies [écologiques] qu’on peut développer chez nous, on peut les exporter vers ces pays et on sera deux fois gagnant. » La ligne de la N-VA en matière d’écologie est claire : « l’écoréalisme » est de mise et l’Etat doit soutenir l’innovation technologique, en priorité dans le domaine de l’énergie nucléaire… Mais qu’en pensent les concurrents des nationalistes ? Et quelles sont les positions des autres formations politiques néerlandophones sur les thématiques chères aux citoyens belges comme la santé, le pouvoir d’achat ou le régime des pensions ?

Le programme d’un parti flamand pourrait-il vous séduire ? De gauche à droite, faisons un petit tour du Nord du pays, Vlaams Belang exclu (le PVDA, n’entre pas non plus en ligne de compte puisqu’il partage la même vision que le PTB francophone).

sp.a

Climat : Une loi sur le climat assortie d’objectifs clairs et ambitieux est indispensable. Mais sans financement, cette loi n’a aucune valeur. Les entreprises et les gouvernements doivent prendre leurs responsabilités. Seules des mesures climatiques concrètes, réalisables et abordables pour tous peuvent faire la différence.

Pouvoir d’achat : Le sp.a souhaite un salaire minimum de 14 euros par heure, soit 2300 euros par mois. L’électricité et l’eau sont des besoins fondamentaux. Les socialistes veulent donc réduire la TVA sur l’électricité de 21 à 6%. Comme pour le primaire, la facture de l’enseignement secondaire ne doit pas payer un montant maximal. Pour les personnes âgées, la facture de la maison de retraite ne devrait jamais être supérieure à la pension.

Pensions : Quiconque a eu une carrière de 42 ans doit être assuré d’une pension minimale de 1500 euros. Ceux qui travaillent plus d’heures au cours de ces 42 années – ou travaillent plus longtemps – gagnent plus de revenus pour leur pension. C’est aussi simple que ça selon le parti. Chaque heure de travail devrait compter pour calculer votre pension, au lieu des années de travail comme c’est le cas actuellement. Ce, peu importe que l’on soit fonctionnaire, indépendant, salarié, sous contrat à durée indéterminée ou flexible.

Santé : Le sp.a veut recruter 7500 infirmières et professionnels de la santé supplémentaires dans les hôpitaux, plus 3500 infirmiers spécialisés dans les soins aux personnes âgées. La visite chez le médecin de famille devrait être gratuite, pour tout le monde. De même, les séances de psychothérapie, les soins dentaires, les lunettes et les lentilles doivent également être remboursés.

Groen

Climat : L’écologie doit être le cœur du programme gouvernemental. Une politique climatique honnête et ambitieuse garantit (dans la pratique) des emplois de qualité, des maisons éco-énergétiques, de la nourriture locale et saine, des investissements dans les nouvelles technologies, des produits de qualité qui durent et une société plus saine et plus humaine. Le réchauffement climatique doit rester inférieur à 1,5°C, objectif de l’accord de Paris sur le climat.

Pouvoir d’achat : Un salaire minimum pour les personnes qui travaillent, des avantages sociaux au-dessus du seuil de pauvreté et des allocations familiales liées au revenu sont donc les premiers pas indispensable dans la lutte contre la pauvreté. Il faut aussi travailler sur une fiscalité équitable. Selon Groen, les taxes deviennent de moins en moins efficaces et de moins en moins justes, année après année. Cela augmente de plus en plus le fossé entre riches et pauvres.

Pensions : Les Verts flamands souhaite fixer une limite inférieure dans le système de retraite via une pension de base sur le seuil de pauvreté. Cela offrirait une garantie de liberté et de sécurité : quel que soit son parcours professionnel, tout citoyen recevra cette pension de base (même si vous ne pouvez pas occuper un emploi rémunéré en raison d’une maladie ou d’un handicap). Pour Groen, la pension de base est également la meilleure solution pour combler l’écart entre hommes et femmes en matière de retraite.

Santé : Tout le monde a droit à des soins accessibles, abordables et de grande qualité. Il faut cesser de prescrire des médicaments inutiles. Les listes d’attente dans des secteurs de soins importants se sont allongées ces dernières années, une situation scandaleuse pour les écologistes qui souhaitent augmenter le budget alloué aux soins de santé, afin que personne ne soit laissé pour compte.

CD&V

Climat: La Belgique doit évoluer vers une société « climatiquement neutre » d’ici 2050 et la décentralisation énergétique se poursuivra. Le soutien social ne peut que croître s’il y a une implication des gens. Il faut s’assurer que la transition reste juste. Ceux qui investissent dans l’énergie décentralisée méritent d’être encouragés, mais pas au détriment des autres qui n’en ont pas les moyens.

Pouvoir d’achat: Il faut utiliser les ressources naturelles de manière plus durable et séparer les progrès économiques de l’utilisation des ressources et de la production de déchets. Il faut évoluer vers une économie circulaire à faibles émissions de carbone. En raison de la mondialisation et des progrès technologiques, les emplois sont moins certains. Il faut une politique en adéquation avec les changements contemporains.

Pensions: En Belgique, 10 000 personnes en plus prennent leur retraite chaque mois. Cela équivaut à un coût supplémentaire de 1,5 milliard d’euros par an. Pour préserver les pensions, tout le monde devrait travailler un peu plus longtemps. Les chrétiens démocrates visent une introduction progressive d’ici 2030.

Santé: Les progrès de la médecine et la prospérité accrue ont contribué à prolonger l’espérance de vie. Les gens vivent plus longtemps en bonne santé. Parallèlement, on constate une augmentation du nombre de personnes souffrant de maladies chroniques et de personnes présentant plusieurs pathologies. L’organisation des soins et leur financement doivent apporter une réponse appropriée à ces défis.

Open-Vld

Climat: Les libéraux flamands ont rédigé 10 accords propositions « réalisables et abordables » qu’ils souhaitent concrétiser dans les cinq prochaines années. Entre autres : la mer du Nord comme source d’énergie renouvelable, l’introduction d’une vignette CO2 pour les produits non européens non durables, des transports en commun meilleurs et moins chers et un budget climatique transparent.

Pouvoir d’achat: La Belgique est un pays prospère mais cela ne veut pas dire que la pauvreté n’y existe pas. La politique de lutte contre la pauvreté doit être un tremplin et non un modèle de prestations qui ancre les gens dans la pauvreté. C’est pourquoi l’Open-Vld aspire à l’émancipation et à l’égalité des chances pour chaque individu, afin que chacun puisse se développer en fonction de ses talents et de ses capacités.

Pensions: L’Open-Vld est convaincu qu’il n’est possible de financer les pensions que si davantage de personnes travaillent, et si elles le font quelques années de plus. Les Libéraux veulent se débarrasser des différences injustes entre les pensions des employés, des indépendants et des fonctionnaires. Le parti souhaite renforcer non seulement la pension légale, mais également la pension complémentaire et l’épargne retraite.

Soins de santé: Chaque patient a droit à des soins de qualité, accessibles et abordables. Pour l’Open-Vld, « de bons soins de santé commencent par une vie saine ». C’est pourquoi le parti veut d’abord investir dans la prévention. Membres du gouvernement Michel, les libéraux estiment délivrer des soins de santé efficaces. Ne sont remboursés que les traitements et les médicaments à valeur ajoutée prouvée, ce qui crée une marge de manœuvre budgétaire pour financer les traitements innovants.

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