Les (folles) initiatives pour aider à reconstruire Notre-Dame

Deux jours après le drame, l'heure est à la reconstruction. Plusieurs projets très différents émergent, avec un but précis : rebâtir la cathédrale de Notre-Dame de Paris.

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« Nous reconstruirons« , a lâché un Emmanuel Macron sûr de lui lors d’un discours mardi soir. Mieux, le président promet une cathédrale encore plus belle que l’originale et tout ça d’ici cinq ans. Pour les spécialistes, le pari semble largement osé, voire infaisable. Frédéric Letoffé, coprésident du Groupement des Entreprises des monuments historiques prévoit le double ou le triple du temps. Pour d’autres, il faudra même attendre une vingtaine d’années.

Quoi qu’il en soit, les dons n’ont cessé de pleuvoir depuis l’incendie et plus d’un milliard d’euros ont déjà été promis pour la reconstruction. Diagnostic, protection de ce qu’il reste de l’édifice, organisation des équipes de charpentiers et de maçons, etc. Notre-Dame n’est pas prête à retrouver son visage d’antan. Pourtant, l’élan de solidarité est impressionnant et les initiatives (parfois légèrement farfelues) se multiplient.

Concours international

Le Premier ministre, Édouard Philippe, a annoncé mercredi matin le lancement prochain d’un concours international d’architecture pour reconstruire la flèche de la cathédrale. « L’objectif est de doter Notre-Dame d’une nouvelle flèche adaptée aux techniques et enjeux de notre époque« , a-t-il précisé. Dans un premier temps, le concours aura pour but de définir si oui ou non il est nécessaire de rebâtir la flèche qui avait été ajoutée au 19e siècle.

Un projet de loi sera également présenté au Conseil des ministres la semaine prochaine afin de « donner un cadre légal à la souscription nationale que le président de la République a lancée ». Édouard Philippe a également annoncé qu’un responsable de la reconstruction avait été nommé et que les nombreux dons seront gérés en toute transparence.

Cartographie américaine

En 2011, le professeur d’art américain Andrew Tallon, passionné des cathédrales gothiques, s’est lancé dans le projet fou de modéliser l’intérieur et l’extérieur de Notre-Dame de Paris. Muni d’un appareil à laser qu’il a placé dans une cinquantaine d’endroits, Andrew Tallon a mesuré les distances entre chaque mur et chaque pilier de la cathédrale. Aussi, tous les recoins et les dizaines de statues ont été soigneusement répertoriés. Résultat : une reproduction de plus d’un milliard de points et des images de synthèse d’une précision jamais atteinte auparavant. Si elles avaient prouvé à l’époque à quel point certaines parties de l’édifice étaient mal construites, elles pourraient peut-être servir à la reconstruction.

Les Compagnons du Tour de France

La publication Facebook a été partagée des milliers de fois. La Fédération Compagnonnique a proposé son aide pour la reconstruction, notamment, de la charpente de Notre-Dame. Sur les réseaux sociaux, les compagnons ont publié les schémas de ce qu’elle pourrait être dans quelques années. Plusieurs groupes de Compagnons existent dans l’Hexagone. Tous proposent des formations à destination des jeunes pour différents corps de métiers tels que serrurier, ébéniste ou charpentier

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Assassin’s Creed

C’est de loin l’idée la plus originale, mais pourquoi pas. Dans le volet Unity du jeu vidéo Assassin’s Creed sorti en 2014, les joueurs sont plongés en pleine Révolution française. L’une des conceptrices, Caroline Miousse, a passé plusieurs années à étudier chaque détail de Notre-Dame pour la reproduire le plus fidèlement possible. Ils sont donc plusieurs à avoir soumis l’idée de se baser, entre autres, sur les images réalistes du jeu pour tenter de reconstruire la cathédrale.

Reconstruire, mais comment ?

Si tout est mis en place pour que Notre-Dame soit reconstruite rapidement, reste à savoir quelle visage elle aura. Complètement identique à ce qu’elle était ? En partie ? Plus moderne ? « La partie de la nef et du chœur est médiévale tandis que le transept et la flèche datent du XIXe siècle. 90 % de la façade nord date du XIXe siècle. On croit quand même qu’elle est du XIIIe siècle. Vous pensez être devant quelque chose d’éternel et vous êtes devant un composite », expliquait l’architecte du patrimoine, Cédric Trentesaux, à nos confrères de Libération.

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