Notre-Dame : le temps de la reconstruction

La cathédrale emblématique de la capitale française a été dévastée par un violent incendie. Devant l’édifice en flammes, le président français Emmanuel Macron promet de rebâtir le monument historique. Il faudra du temps et de l’argent. Notre-Dame ne s’était pas faite en un jour…

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L’émotion suscitée par l’incendie dans le monde entier l’a montré: Notre-Dame de Paris ne touche pas au sacré par son seul statut de haut-lieu catholique. Comme il a fallu plusieurs vies d’hommes, des générations de corps de métiers transmettant leurs savoirs de père en fils, pour en venir à bout, cet édifice nous dépasse par d’autres aspects. Quelque chose de l’ordre de « l’histoire qui nous contemple » du haut de sa flèche aujourd’hui disparue.

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C’est en 1163, en présence du pape Alexandre III, que la première pierre de la célèbre cathédrale est posée. L’immense projet est initié par Maurice de Sully, le nouvel évêque de Paris, sous le règne de Louis VII. Une construction en quatre phases qui commencera par le chœur et terminera, en 1250, par la galerie haute et les deux tours. Le nouveau lieu de culte connaîtra même encore plusieurs modifications jusqu’au milieu du XIVe siècle. Des dizaines et dizaines d’années de dur labeur qui ont fait de Notre-Dame l’un des plus beaux chefs-d’œuvre gothiques.

Aujourd’hui, il est quasiment impossible d’estimer précisément combien de temps pourrait durer la reconstruction de la cathédrale. Éric Fischer, directeur de la Fondation de l’Œuvre Notre-Dame, a affirmé à l’AFP qu’il faudrait compter « plusieurs décennies« . L’animateur télé, Stéphane Bern, qui contribue à une mission de sauvegarde du patrimoine français, parle, lui, de 40 à 50 ans. Deux exemples dans l’histoire des cathédrales françaises pourraient cependant permettre de nourrir quelques espoirs.

Pendant la Première Guerre mondiale, Notre-Dame de Reims a été ravagée par des obus. Quelques années plus tard, le bâtiment a déjà partiellement pu rouvrir ses portes. Même chose pour celle de Nantes, ravagée par un terrible incendie dans les années 70. Même si les travaux ont encore continué après la réouverture, on peut croiser les doigts pour que le scénario soit similaire pour celle de Paris.

Qui dit temps, dit aussi argent 

Les rénovations en cours, qui pourraient être à l’origine de l’accident, étaient déjà estimées aux alentours de 150 millions d’euros, rien que ça. Les dégâts causés devraient donc prendre une ampleur financière sans précédent. Des initiatives pour récolter des fonds ont cependant déjà vu le jour. Sur internet, notamment, avec des cagnottes en ligne comme celles de Notre-Dame de Paris, je t’aime ! et Financement des réparations de Notre-Dame. Dans son discours, Emmanuel Macron a, lui, annoncé l’ouverture d’une « souscription nationale » qui permettrait de relancer un sentiment d’appartenance commune au sein d’une population française très divisée ces derniers temps.

Anne Hidalgo, la maire de Paris, a fait savoir que la ville débloquerait 50 millions d’euros, tandis que la région d’Île-de-France devrait en débourser une dizaine de millions. Les particuliers aussi se sont déjà manifestés. Parmi les plus gros donateurs, on retrouve notamment deux grandes familles françaises. Les Pinault, et leur société d’investissement Artemis, financeront le projet à hauteur de 100 millions d’euros et la famille Arnault, du groupe LVMH, a prévu de faire un don de 200 millions. Le soutien dépasse également les frontières françaises. Donald Tusk, le président du conseil européen, a également appelé les 28 États membres à participer à la reconstruction de Notre-Dame.

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