La Wallonie va-t-elle limiter l’éclairage nocturne « inutile » ?

Le PS a déposé une proposition de résolution au Parlement wallon afin de lutter contre la pollution lumineuse. Une obligation d'extinction pendant une partie de la nuit pourrait être imposée aux entreprises, publicitaires et commerçants.

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La Belgique a souvent été moquée par ses voisins européens pour son éclairage nocturne exagéré. Vu de l’espace, la nuit, toute la partie du pays située au nord du sillon Sambre-et-Meuse brille de mille feux (et c’est un euphémisme).

Cette sur-exposition à la lumière artificielle n’est pas sans conséquences, et le PS souhaite y remédier. Des membres du parti socialiste ont déposé une proposition de résolution au parlement wallon afin de limiter cette pollution lumineuse. « Nous constatons que de nombreux éclairages restent allumés la nuit alors qu’ils ne sont pas indispensables. Primo, c’est négatif d’un point de vue environnemental, car cela perturbe le comportement des animaux et cela constitue un gaspillage énergétique. Secundo, cet éclairage nocturne a des conséquences sanitaires et des effets négatifs sur le métabolisme, comme des troubles du sommeil‘, expliquait à la DH Anne Lambelin, co-signataire de la proposition de loi.

La pollution lumineuse perturbe la vie animale, notamment les oiseaux, les insectes et les amphibiens, mais aussi les êtres humains. Les spécialistes de la santé affirment qu’elle inhibe la sécrétion de mélatonine, ce qui perturbe l’équilibre entre l’horloge circadienne (signal d’éveil et d’endormissement du corps) et l’homéostat (pression su sommeil), limitant le niveau de performance des individus. Avec des conséquences néfastes sur le métabolisme : fatigue, stress, insomnies, voire des troubles amnésiques.

Gouvernement à deux vitesses ?

Dans un premier temps, la résolution proposée par le PS prévoit une évaluation de l’impact de l’éclairage nocturne sur la consommation électrique. En fonction des résultats, une obligation d’extinction pourrait être imposée pendant une partie de la nuit. Sont concernés : les éclairages intérieurs des locaux à usage professionnel inoccupés, les éclairages de vitrines de commerces ou d’exposition, les illuminations des façades commerciales ou des bureaux, ainsi que des publicités lumineuses. Des tranches horaires seraient définies suite à l’étude, en incitant les entreprises à mettre en place un plan de réduction de leur consommation électrique globale. L’éclairage public (voiries et patrimoine) ne seraient a priori pas affectés par ces mesures.

Le PS espère qu’un consensus pourra être rapidement trouvé au Parlement afin que la proposition soit votée avant les élections du 26 mai. Si la loi passe, cela coïnciderait avec le début de l’installation du nouvel éclairage de nuit sur les autoroutes wallonnes qui débute au mois de juin. La SOFICO qui gère les grands axes wallons lance le remplacement général de l’éclairage. Finie la lumière orange des lampes au sodium et place au LED qui demande moins d’entretien, dure plus longtemps et consomme 60% de moins tout en dispensant une meilleure lumière…

Le Gouvernement wallon avait restreint à quelques zones l’éclairage autoroutier de nuit, expliquant qu’il n’apportait rien d’intéressant en termes de sécurité et coûtait très cher. Avec ces nouvelles installations (63.000 poteaux remplacés), il fait pourtant marche arrière: la sécurité liée à un éclairage de nuit permanent est à nouveau mise en avant. Le nouveau système sera même modulable selon les conditions de circulation: neige, brouillard, accident… Un chantier qui durera quatre ans et coûtera 30 millions d’euros par an pendant 20 ans à la Région. Et tant pis pour la pollution lumineuse.

NASA

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