Jean-Marie Le Pen se retire de la vie politique: 5 dates qui ont marqué sa carrière

Ce mardi, Jean-Marie Le Pen fait ses adieux au Parlement européen. Le fondateur du Front national quitte, par la même occasion, la scène politique après l’avoir occupée pendant plus de 60 ans. Retour sur une carrière bien chargée et sacrément controversée. 

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1972 : Fondation du Front national

Après avoir été député de la Seine de 1956 à 1962, Jean-Marie Le Pen se retire temporairement de la vie politique. C’est le mouvement nationaliste Ordre nouveau, regroupant d’anciens SS, des nostalgiques de Vichy ou encore des militants de l’Algérie française, qui va l’entraîner dans le projet d’un nouveau « parti révolutionnaire ». Le 5 octobre 1972, Jean-Marie Le Pen devient président du Front national pour l’unité française. Poste qu’il occupera jusqu’en 2011 avant de passer le flambeau à sa fille, Marine.

1984 : À l’attaque de l’Europe

À l’âge de 56 ans, l’originaire de La Trinité-sur-Mer, en Bretagne, fait ses premiers pas dans le monde politique européen. Il est élu député et siègera pendant plus de 30 ans au Parlement, à Strasbourg. Aujourd’hui non-inscrit, il a fait partie de différents groupes politiques dont notamment Identité, tradition, souveraineté (ITS) et le Groupe des droites européennes (GDE). Au cours de ses sept mandats, « le borgne » n’a pas manqué de se faire remarquer. Le « clash » avec Daniel Cohn-Bendit reste probablement son intervention la plus impressionnante. En 2011, le député écologiste français traitait son collègue de « honte pour ce parlement » suite à ses propos sur les attentats en Norvège (il estimait que la « naïveté » du gouvernement et de la société norvégienne était « plus grave » que la tuerie perpétrée par Anders Behring Breivik, qu’il a qualifiée d' »accident« ). Le Pen tente alors de se défendre avant de contre-attaquer : « J’ai été mis en cause par le pédophile Cohn-Bendit, j’ai le droit de répondre« . Sommé de se taire, il a ensuite comparé le Parlement aux Bolchéviques.

1987 : Chambres à gaz

« Je crois que c’est un point de détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale« , lâchait Jean-Marie Le Pen le 13 septembre 1987 sur RTL. Des propos chocs sur les chambres à gaz, qu’il a toujours assumés et qui ont fait l’objet de plusieurs condamnations. Une première en 1991 l’a obligé à reverser 1,2 million de francs (183 000 euros) à onze associations différentes. En 2015, il maintient ses dires face à Jean-Jacques Bourdin sur RMC. Ce qui, trois ans plus tard, lui vaudra une nouvelle amende de 30 000 euros.

2002 : Un second tour historique

Malgré des sondages l’annonçant à moins de 10%, Jean-Marie Le Pen frappe son plus gros coup politique lors des élections présidentielles de 2002. Avec près de 17% des voix, il accède au second tour, une première historique pour le Front national. Il affronte le président sortant, Jacques Chirac, mais ne fait pas le poids. Chirac l’emporte avec plus de 82% des suffrages. Le Pen doit se contenter d’une faible amélioration par rapport au premier tour, mais reste positif : « Je considère que c’est une victoire des nationaux« .

2015 : « Au revoir, papa ! » 

Propos controversés et mise en doute de la stratégie de « dédiabolisation » du FN, c’en est assez pour Marine Le Pen. La présidente engage une procédure disciplinaire contre son père. Dans un premier temps, le paternel conteste cette décision et obtient gain de cause. Mais le 20 août 2015, il est définitivement exclu du parti qu’il a fondé. Trois ans plus tard, il perdra également sa fonction de président d’honneur qu’il occupait depuis 2011. Ce qui marquera la fin de l’histoire d’amour entre le FN – devenu depuis le RN (Rassemblement National) – et Jean-Marie Le Pen.

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