La Norvège s’assied sur 65 milliards d’euros au profit de l’environnement

Le pays scandinave a décidé de préserver les Iles Lofoten, abandonnant le projet de forage pétrolier au cœur de sa mythique merveille. Une victoire pour les écolos dans un pays dirigé par la puissance de l’or noir.

©Belga

Quelle belle semaine pour les écologistes norvégiens. Jeudi, on apprenait d’abord que le pays voulait arrêter l’élevage d’animaux à fourrure d’ici 2025. Si l’idée en est actuellement au stade du projet de loi, la décision semble prise. Une bonne nouvelle rejointe aujourd’hui par une autre décision politique majeure : l’abandon du projet d’exploration pétrolière aux larges des magnifiques Iles Lofoten. Ces iles abritent le plus important récif corallien d’eau froide et la plus grande colonie d’oiseaux de mer d’Europe. Elles attirent chaque année plus d’un million de visiteurs, jouissant par-là depuis toujours d’un traitement particulier.

Le projet de forage faisait l’objet d’un moratoire, brisé ce week-end par le revirement du parti travailliste. A l’origine en faveur de l’extraction de pétrole sur l’Ile, il a soudainement décidé de suivre la conscience écolo émergeante  dans l’opinion publique et de se ranger du coté des adversaires du projet. Avec pour résultat immédiat de faire pencher la balance du Parlement vers le camp des opposés à la mesure.

Réjouissant précédent

Il pourrait y avoir un avant et un après en Norvège, le pays basant une énorme fraction de son économie sur le pétrole. Quatorzième producteur d’or noir au monde alors qu’elle parvient à couvrir 95% de ses besoins via l’énergie hydroélectrique, la Norvège exporte une grande part de son pétrole et compte ainsi parmi les pays les plus riches du monde. Les compagnies pétrolières martelaient d’ailleurs depuis un bon moment que pour suivre son niveau de production, la Norvège devait forer dans l’ile. Le rétropédalage du parti travailliste et l’abandon de l’exploitation constituent une importante défaite pour l’industrie, qui comptait sur ces trois milliards de barils pour récupérer plus de 65 milliards d’euros, et qui craint que la décision fasse office de précédent.

D’autant que le ministère des Finances a récemment confié vouloir utiliser une partie du fond pétrolier, s’élevant à quelque 882 milliards d’euros, pour financer la suite de la transition vers les énergies renouvelables. La Norvège semble donc, elle, réellement vouloir se positionner du bon coté de l’Histoire.

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