Julian Assange: pourquoi l’arrêter aujourd’hui ?

Le fondateur de Wikileaks a été appréhendé après 7 ans passé à l'ambassade d’Équateur. «Un jour sombre pour la liberté de la presse" a tweeté le lanceur d'alerte Edward Snowden.

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Ce jeudi 11 avril, des policiers britanniques ont arrêté Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, au sein de l’ambassade d’Équateur à Londres, où il était réfugié depuis 2012. Il y avait obtenu l’asile à l’époque, alors que le gouvernement Anglais étudiait la demande d’extradition de la Suède, où il était réclamé dans le cadre d’une enquête pour viol et agression sexuelle. Cette enquête a été abandonnée depuis. Ce faisant, les conditions de sa liberté conditionnelle, qui l’enjoignaient à ne pas quitter le territoire, sont devenues caduques. C’est ce « détail » qui a permis aux policiers de l’arrêter ce 11 avril.

Julian Assange est apparu visiblement affaibli, portant une longue barbe, dans une vidéo de son arrestation publiée sur Twitter. Il avait des problèmes de santé depuis plusieurs mois. Le ministre de l’Intérieur britannique, Sajid Javid, a tweeté: « Je peux confirmer que Julian Assange est actuellement en garde à vue et fait face à la justice au Royaume-Uni« . L’homme, qui avait fondé WikiLeaks en 2006 dans le but de diffuser et de révéler des documents confidentiels, fait désormais l’objet d’une demande d’extradition des États-Unis où il est poursuivi pour la divulgation de nombreux secrets militaires et documents diplomatiques américains. En 2010, son organisation faisait la une des journaux en diffusant des images de soldats américains tuant des civils à l’aide d’un hélicoptère en Irak.

Le président de l’Équateur, Lenin Moreno, a publié une vidéo expliquant sa décision de retirer le statut d’asile de Julian Assange après sept ans. Moreno s’est plaint du comportement d’Assange et l’a accusé d’avoir participé à «une ingérence dans les affaires intérieures d’autres États» pendant son séjour à l’ambassade. Il continue son allocution, expliquant « La patience de l’Équateur a atteint ses limites concernant le comportement de M. Assange. Il a installé des équipements électroniques et de distorsion non autorisés. Il a bloqué les caméras de sécurité de la mission équatorienne à Londres. Il a affronté et maltraité des gardes. Il a accédé aux dossiers de sécurité de notre ambassade sans autorisation. Il a prétendu être isolé et a rejeté la connexion Internet proposée par l’ambassade. Il disposait pourtant d’un téléphone portable avec lequel il communiquait avec le monde extérieur. »

De nombreuses personnalités, dont le lanceur d’alerte américain Edward Snowden installé en Russie, ont réagi à cette arrestation. « Les images montrant l’ambassadeur d’Équateur inviter la police secrète britannique dans l’ambassade pour faire sortir un journaliste primé — que vous appréciez ce fait ou pas — vont entrer dans les livres d’Histoire. Les opposants d’Assange peuvent applaudir, mais c’est une journée noire pour la liberté de la presse ».

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