Ces pays où les stagiaires sont rémunérés

Les étudiants belges commencent à en avoir assez de travailler gratuitement et ne se satisfont plus de la valorisation de leur expérience ou de leur CV. D’autant que d’autres pays rétribuent leurs stagiaires.

©Belga

L’Union Syndicale Etudiante, rattachée à la FGTB, a jeté un pavé dans la mare. Dénonçant le recours facile à la main d’œuvre étudiante, elle a ouvert le débat autour de la mise en place d’une rémunération destinée aux stagiaires. En Belgique, les stagiaires doivent faire l’impasse sur une quelconque indemnisation, les écoles, universités et employeurs considérant qu’ils sont payés « en expérience », « en formation », voire « en réseautage ». De jolis concepts qui ne cachent pas l’exploitation des étudiants sur certains de leurs lieux de travail temporaire.

La RTBF rapportait ce jeudi matin le témoignage de Margaux Genucchi, étudiante en logopédie à l’ULB. « Pour mon stage, je dois prester 300 heures sur un quadrimestre. Cela correspond à un emploi du temps de 3 jours par semaine. Il faut savoir que j’ai un bureau à disposition, et que j’ai mes propres patients…C’est complètement du travail gratuit. Je ne sais pas s’ils ont conscience du problème ou si cela leur paraît normal, mais j’estime avoir droit, au minimum, à une compensation. »

L’appel de l’USE prend corps dans une réflexion plus large et implique une revalorisation de l’investissement des étudiants stagiaires à l’échelle européenne. Petit tour d’horizon des situations dans les pays qui nous entourent.

France

Les stagiaires français sont, eux, bien lotis, pour autant qu’ils dépassent les deux mois de stages. En France, le montant minimum de la valorisation financière d’un stage équivaut à 15% du plafond horaire de la sécurité sociale, revu chaque année. En 2019, un étudiant français parti en stage peut donc espérer toucher entre 498 et 603 euros dès la prestation de la 309e heure.

Pays-Bas

La culture des stages fait partie du quotidien chez nos voisins du nord. Ainsi, en secondaire déjà, les élèves font l’expérience du travail temporaire. Une fois à l’université, la durée du stage atteint neuf mois en moyenne. Mais ce n’est pas pour autant qu’il sera rémunéré. C’est à la décision de l’employeur, qui en règle générale, propose une compensation financière, sous forme de remboursement des frais de transport ou via un salaire dépassant rarement les 400 euros.

Allemagne

La vision du stage étudiant est plus ou moins la même que chez nous, servant d’abord à donner un aperçu du monde du travail. Les élèves réalisant un stage n’ont donc en théorie pas droit à une indemnité. Mais l’employeur peut lui-même décider de rémunérer son stagiaire sans être taxé. La compensation financière sera alors clairement indiquée dans le contrat entre l’entreprise et l’école ou université.

Grande-Bretagne

Là aussi, un stage effectué dans le cadre d’un cursus scolaire ne sera normalement pas rétribué.

Suisse

Aucune compensation minimum n’est prévue pour les stagiaires, mais ils sont quoi qu’il arrive indemnisés. Voire assez bien payés… De récents sondages révèlent une moyenne comprise entre 1600 et 2000 euros par mois pour un étudiant effectuant un stage. Un joli pactole à relativiser avec le coût de la vie en Suisse.

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