Le beau monde de Vincent Peiffer: dans le foot, à peu près tout est permis, le racisme aussi

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Il s’appelle Danny Rose. Il est joueur à Tottenham. Il n’a que 28 ans et veut mettre fin à sa carrière. Pas pour blessure. Pour racisme. Au Monténégro, avec l’équipe nationale anglaise, il a encore subi des cris de singe de “supporters” adverses. Son coéquipier Raheem Sterling aussi. Et le match a continué, comme si de rien n’était. Danny Rose n’en veut plus. Il n’en peut plus des mesures timorées prises par les instances du football. De l’UEFA ou des fédérations nationales qui n’infligent que des amendes cacahuètes aux clubs et aux pays incriminés. Il n’en peut plus des arbitres qui laissent se poursuivre les matchs (et les cris de singe) alors qu’ils devraient les arrêter. Il n’en pleut plus de l’UEFA, qui exprime juste sa “honte”, mais ne frappe pas. Il n’en peut plus de cette piètre campagne “No to racism” qui sonne creux dans les stades. Il n’en peut plus que le foot fasse semblant de lutter contre ces abrutis, qui se multiplient et en entraînent d’autres dans leur bêtise abyssale.

Quelques jours plus tard, en championnat d’Italie, la Juventus Turin se déplace à Cagliari. À la Juve, il y a Moïse Kean, international italien, Blaise Matuidi, international français, et Alex Sandro, international brésilien. Cris de singe et chants racistes, là aussi. Et le match continue, là aussi. Pire: après la rencontre, Leonardo Bonucci, capitaine (blanc) de la Juve, reproche à son équipier Kean d’avoir célébré un but devant la tribune d’où tombaient les insultes: “C’est du 50-50”. 50 % de tort parce qu’on est Noir, 50 % parce qu’on est tocard raciste qui balance des cris de singe, donc?

Le coach de la Juventus, lui, a eu les bons mots. Massimiliano Allegri se demande pourquoi, grâce aux caméras de surveillance dont sont équipés tous les stades, on ne repère pas et n’exclut pas “à vie” (pas pour un mois ou un an, à vie!) ces “supporters” propagateurs de haine raciale. Et pourquoi on ne les poursuit pas en justice, puisque ça relève du pénal. On suppose – on espère – qu’il demandera aussi des sanctions à la direction de la Juve pour les propos “50-50” de Bonucci. Mais tout ça ne se fera pas. Ça pourrait casser l’ambiance dans les stades…

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