Comment se protéger du burn-out?

La Ministre de la Santé Maggie De Block a lancé une campagne de prévention et une nouvelle plate-forme web pour identifier le syndrome d'épuisement professionnel et aider ceux qui en souffrent à en guérir. Présentation.

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En Belgique, 130.000 travailleurs salariés et 5.600 indépendants sont confrontés à des affections mentales pendant plus d’une année. La ministre des Affaires sociales et de la Santé publique Maggie De Block (Open Vld) a donc lancé ce lundi une nouvelle campagne de prévention pour aider à détecter le burn-out et à en guérir. Un site internet a été mis en ligne afin de dispenser des conseils et collecter des témoignages à l’attention des travailleurs comme des employeurs. Divisé en quatre sections (« Prévenir », « Reconnaître », « Se reconstruire », « Après le burn-out »), la plate-forme donne les clés pour identifier et soigner un mal encore trop méconnu.

Qu’est-ce que le burn-out ?

« En tant que psychanalyste et praticien, je me suis rendu compte que les gens sont parfois victimes d’incendie, tout comme les immeubles. Sous la tension produite par la vie dans notre monde complexe, leurs ressources internes en viennent à se consumer comme sous l’action des flammes, ne laissant qu’un vide immense à l’intérieur, même si l’enveloppe externe semble plus ou moins intacte. » En 1974, le psychanalyste allemand Herbert J. Freudenberger mène des recherches approfondies sur le burn-out, un mal identifié il y a tout juste 50 ans (1969) mais qui ne possède toujours pas de diagnostic officiel.

Le Conseil Supérieur de la Santé (CSS) définit le burn-out (ou syndrome d’épuisement professionnel) comme un épuisement causé par un manque (prolongé) d’équilibre entre l’investissement de la personne et ce qu’elle reçoit en retour. Cet épuisement affecte le contrôle des émotions et les processus cognitifs, ce qui provoque à son tour des changements de comportement et d’attitude chez la personne qui en souffre. Le résultat est un sentiment d’inefficacité. Le burn-out doit être distingué d’autres troubles psychiatriques (dépression, troubles anxieux) et physiques. L’épuisement émotionnel et le lien avec le travail sont des éléments clés pour l’identifier.

Comment le prévenir ?

Des études récentes révèlent qu’il existe un lien entre bien-être mental et bien-être physique. Il est extrêmement important de faire suffisamment d’exercice physique pour le corps et l’esprit. Outre l’entretien d’une meilleure condition physique, en faisant du sport nous sécrétons des hormones et des neurotransmetteurs qui confèrent un sentiment de bonheur (endorphine, noradrénaline, dopamine et sérotonine). Les effets psychologique de l’effort physique ne sont pas non plus à négliger. Le sport permet de se changer les idées et d’oublier ses tracas et de réduire ses angoisses. Il donne en outre le sentiment d’être efficace et renvoie une meilleure image de soi-même et de son corps. D’un point de vue physique, il est aussi nécessaire de manger sainement et de dormir suffisamment.

À propos du bien-être psychique, la psychologue américaine Carol Ryff a identifié six composantes à posséder dans une certaine mesure afin d’avoir une bonne résilience mentale: l’acceptation de soi, le développement personnel, avoir un but dans la vie, les relations positives avec autrui, la maîtrise de son environnement et l’autonomie. Afin d’entretenir sa résilience mentale, le CSS procure quelques conseils simples à appliquer: « Aimez-vous, essayez parfois quelque chose de nouveau, vivez dans le présent et allez de l’avant, gardez contact avec les personnes qui sont importantes à vos yeux, soyez maître de vos décisions et osez parfois passer du temps seul. » 

Enfin, il est aussi important de se sentir bien socialement. Avec sa célèbre pyramide des besoins, Abraham Maslow constate que les besoins humains se répartissent en cinq niveaux différents, à partir du plus fondamental (le besoin physique). Mais le contact social, l’amitié et l’amour, mais aussi la reconnaissance et l’appréciation que vous trouvez dans un groupe sont des besoins primordiaux. Le degré d’importance que nous accordons à l’argent, à la reconnaissance, ou à la sécurité varie d’une personne et d’une culture à l’autre. Néanmoins, la plupart des gens se sentent plus heureux lorsqu’ils ont un rôle social. Il est donc préférable de ne pas s’isoler.

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