Schisme féministe à la veille des élections

Les associations féministes de terrain et les écologistes ont démissionné en bloc hier soir du Conseil des Femmes francophones de Belgique. Elles dénoncent un mode de fonctionnement peu démocratique et une perte de sens au niveau des enjeux. Une nouvelle plate-forme pourrait être créée.

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Des associations féministes de terrain ont claqué hier soir la porte du Conseil des Femmes francophones de Belgique, le CFFB. Les représentantes écolo au sein du conseil d’administration ont fait de même. Un conseil d’administration extraordinaire a mal tourné. La crise couvait depuis des mois autour de méthodes jugées peu transparentes et peu collégiales. Des personnes ont été engagées sans que le CA se soit prononcé démocratiquement, selon écolo.

Rumeurs autour de l’IVG

La rumeur d’un problème de fond sur l’IVG a couru. Mais toutes les femmes démissionnaires s’insurgent sur ce point, estimant qu’elles sont toutes parfaitement en phase avec les positions en faveur de l’IVG portées par le CFFB. « C’est de l’enfumage. Nous portons toutes le droit à l’IVG », s’insurge Hélène Ryckmans, députée écolo. « Il y a par contre des problèmes de gouvernance ». Un vote de confiance est intervenu hier soir dans lequel les écolos se sont retrouvées minorisées.

Les associations de terrain se trouvent peu représentées au sein du conseil d’administration qui est largement politisé. Au-delà, Be-Feminist, le collectif des femmes de Louvain-la-Neuve, le monde selon les femmes, l’université des femmes, la voix des femmes et Vie féminine écrivent : «actuellement, nous ne nous reconnaissons plus dans l’orientation et dans les mécanismes de fonctionnement du CFFB malgré les nombreuses tentatives de certaines membres et administratrices pour maintenir un but et des stratégies communes. »

Une nouvelle plate-forme?

Les associations réfléchissent à la création d’une nouvelle plate-forme en-dehors des partis politiques. Les administratrices écolo démissionnaires sont tentées par cette option aussi. Mais les associations souhaitent désormais fonctionner en-dehors de toute politisation. «  Nous travaillons sur les questions de précarité des femmes, notamment. Et nous ne nous retrouvions plus dans là-dessus dans le CFFB. On a besoin de sérénité. »

Rupture politique?

Au Conseil des femmes, on explique les choses tout autrement. Il s’agirait « d’un mouvement de contestation interne initié par Mme Hélène Ryckmans dès le lendemain de sa défaite aux élections de février 2018 où elle s’était portée candidate à la présidence. Depuis cette date, la volonté était manifeste dans le chef de la représentante écolo et de trois administratrices, dont la représentante CDH, d’affaiblir le conseil voire de le dynamiter de l’intérieur.  La réunion d’hier a démontré cette volonté de diviser le monde féministe, sans que jamais un dossier de fond ne soit au centre des discussions », communique le conseil des femmes.

 

 

 

 

 

 

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