La fin du changement d’heure, c’est pour quand?

Entre ce que les citoyens souhaitent et ce que les 28 États membres arriveront à conclure, pas facile de suivre le débat. Vous n'avez pas tout suivi ? On remet les pendules à l'heure.

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Voilà déjà plus d’un an que la grande question de la suppression du changement d’heure agite les États membres de l’UE. Depuis 2001, une directive européenne régit les passages à l’heure d’été et d’hiver histoire que les 28 avancent ou reculent dans le temps ensemble le dernier week-end de mars et d’octobre. En février 2018, la Commission européenne, à la demande du Parlement, décide de réévaluer l’utilité de ce double changement. Une consultation citoyenne et plus de 4 millions de réponses plus tard, le verdict tombe : le changement d’heure, les Européens n’en veulent plus. Mieux, ils souhaitent définitivement rester à l’heure d’été, soit deux heures en avance sur le méridien de Greenwich.

Mardi, le Parlement européen s’est prononcé en faveur d’une suppression de ce changement saisonnier dans l’UE à compter de 2021. Ce qui signerait la mort du saut dans le temps le dernier dimanche de mars 2021 pour ceux qui veulent rester à l’heure d’été et au dernier dimanche d’octobre pour ceux qui conserveraient l’heure dite « standard ». Ça, c’est pour ce qui est de la décision du Parlement. Reste encore les 28 pays membres (27 en fonction du Brexit) qui doivent se mettre d’accord et choisir d’adopter la proposition du Parlement. Pour le moment, impossible de savoir ce qu’ils décideront, mais il semblerait, sans grande surprise, que tous ne soient pas favorables au changement.

Ce changement d’heure qui nuit à la santé

En plus d’être une éternelle torture psychologique (Quelle heure est-il ? Est-ce que mon téléphone a avancé/reculé d’une heure automatiquement ?), le changement bisannuel d’heure cause aussi du tort à notre santé. À l’origine, le passage à l’heure d’hiver – dite « l’heure d’économie de la lumière » – servait à réaliser, comme son nom l’indique, des économies d’énergie. L’idée était de profiter davantage de la lumière du jour plutôt que de consommer de l’électricité.

Des chercheurs de l’Université de Liège ont publié un rapport fin de l’année dernière dans lequel ils dressent les avantages à opter pour l’heure d’hiver plutôt que celle d’été. Maintenir l’heure d’été entraînerait des effets négatifs sur le sommeil, la santé et entraînerait davantage d’accidents de la route et de dépressions saisonnières. Cependant, les effets à long terme ne peuvent pas encore être définis par manque de données.

Garder l’heure d’été en hiver signifierait que le soleil ne se lèverait que vers 9h30 dans certaines régions. Or, pour les scientifiques, ces heures de lumière matinale sont hautement importantes pour la santé et le moral. Alors qu’opter pour l’heure d’hiver recalerait mieux notre horloge biologique. « Si on décale d’une heure, on aura moins de lumière au moment où elle a le plus d’impact sur cette horloge biologique et elle risque d’exacerber des décalages entre l’horloge biologique interne et l’horloge de l’alternance jour/nuit. Or, plus il y a un décalage important entre notre horloge biologique et l’environnement, plus au niveau épidémiologique on détecte des augmentations de problèmes de santé », expliquait Gilles Vandewalle, docteur à l’Université de Liège sur les ondes de La Première.

Prochaine étape pour les 28 États membres

La prochaine étape dans le processus décisionnel du changement d’heure sera orchestrée par la Roumanie, à la présidence les travaux ministériels pour le moment, qui devra inscrire la thématique à l’ordre d’un prochain conseil des ministres des Transports. Si tous les États sont favorables, alors ils passeront à la rédaction d’un texte commun avec le Parlement. À l’inverse, s’ils ne trouvent pas de terrain d’entente, alors chaque État serait en droit de décider quel fuseau horaire il choisira définitivement. C’est sans compter les élections européennes du 26 mai prochain qui ne devraient pas arranger les affaires des eurodéputés et sûrement repousser la prise d’une décision.

Quoi qu’il en soit, ce dimanche nous passerons encore et toujours à l’heure d’été. Il faudra donc avancer toutes vos horloges d’une heure et tristement sacrifier une heure de sommeil. Peut-être pour l’une des dernières fois.

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