Les infections sexuellement transmissibles en hausse, et pas que chez les jeunes

Les cas d’IST augmentent dangereusement, assez en tout cas pour que les médecins belges tirent la sonnette d’alarme. D’autant que les jeunes ne sont pas les seuls touchés.

©Belga

Les infections sexuellement transmissibles regagnent le lit des Belges. Alors que l’on dénombrait 9 cas de chlamydia pour 100 000 habitants en 2002, on atteint aujourd’hui un taux de 60 pour 100 000. La chlamydia représente l’IST la plus répandue du pays, rejointe sur le podium par la gonorrhée et la syphilis. « Le nombre de cas d’IST grimpe de manière alarmante en Belgique, comme dans le reste du monde » déplore le KCE, le centre fédéral d’expertise des soins de santé. S’il se félicite des progrès réalisés dans le cadre du traitement contre le sida, ils s’inquiètent de la négligence qui entoure ces infections, peu prises au sérieux par une partie de la population. « L’infection à la chlamydia représente la moitié de ces nouvelles IST. Elle est le plus souvent diagnostiquée chez les femmes jeunes. La gonorrhée, autrefois appelée « chaude-pisse », et la syphilis concernent plutôt les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes. »

Plutôt discrètes, ces IST (et non MST, car être porteur d’un microbe ne signifie pas nécessairement être malade) peuvent se voir diagnostiquées tardivement, d’où la crainte d’une propagation incontrôlée. « En l’absence de traitement, les personnes infectées transmettent l’infection à leur(s) partenaire(s) sexuel(s). Or il s’agit de maladies qui peuvent entraîner des complications graves, une stérilité ou des fausses couches à répétition. Elles sont traitables par antibiotiques, mais de plus en plus difficilement, en raison de l’augmentation des résistances dues à une utilisation irresponsable de ces médicaments. » Le KCE a donc décidé de mettre à disposition des médecins généralistes un guide censé faciliter le diagnostic et le traitement de la gonorrhée et de la syphilis, le premier à aborder les IST « de façon rigoureusement scientifique » promet-il. La chlamydia aura également bientôt droit à son petit guide pratique.

Pas qu’un truc de jeunes

Les jeunes sont évidemment particulièrement touchés par ce retour en trombe des infections, mais leurs parents seraient malvenus de leur faire la morale. Le Standaard rapporte des témoignages de médecins confrontés à des patients de plus de 50 ans peu soucieux ou au courant des risques d’une relation avec un nouveau partenaire, extra-conjugale ou échangiste. « La nouvelle directive doit élargir le champ de la prévention. Outre les jeunes hommes et femmes de moins de 35 ans, les personnes issues d’une longue relation constituent également un groupe cible » explique Sandra Van den Eynde, coordinatrice chez Sensoa, le centre flamand d’expertise en santé sexuelle. D’autant que les moins de trente ans seraient plus ouverts à parler de leur comportement sexuel avec leurs médecins qu’une personne divorcée ayant dépassé la cinquantaine.

Les médecins espèrent également que la nouvelle directive poussera les patients à reprendre contact avec leurs anciens partenaires pour les prévenir des risques de maladie et de contamination. Une démarche largement négligée pour le moment et pourtant essentielle en vue d’endiguer la propagation des infections. On tient là un excellent point de départ pour une série Netflix…

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