Le réchauffement climatique avance le retour des allergies

Conséquence du réchauffement, l’indice pollinique annuel est déjà au plus haut. Heureusement, les traitements évoluent.

9db96b3e-4f06-11e9-8ea0-1d7a4c0af9fb_web_

Les plus chanceux ont commencé la saison en février avec les allergies à l’aulne et au noisetier. S’ils respirent un peu plus librement, ce n’est pas le cas des Belges qui détestent le bouleau. Cette allergie est même en avance pour la saison à la suite des températures relativement hautes. Le vent et les températures clémentes favorisent la dissémination du pollen tandis qu’un temps pluvieux rabat les pollens au sol, diminuant ainsi les concentrations polliniques dans l’air. Dans ce contexte de redoux climatique, on peut déjà relever deux records absolus cette année. “Pour le noisetier, l’indice pollinique annuel a largement dépassé celui de l’année passée (qui était déjà un record depuis 1982), alors qu’en principe les arbres ont besoin de une à quelques années de “repos” avant de produire à nouveau de telles quantités de pollen. Le deuxième record est celui de l’aulne, le plus élevé jamais enregistré depuis le début des mesures”, détaille Lucie Hoebeke, collaboratrice scientifique chez Sciensano.

Aujourd’hui, un Belge sur cinq est atteint d’allergie. Or, “d’autres arbres tels que le charme, le peuplier, le frêne, le saule, l’if et les cupressacées sont également en fleurs” souligne-t-on au Réseau de surveillance aérobiologique belge. D’autres s’éveillent ou vont frapper sous peu: le platane, le chêne, le hêtre, les pinacées, le marronnier, le tilleul, le châtaignier et les plantes herbacées. Pour les vacances de Pâques, la meilleure idée est de prendre la direction de la mer: l’air y est souvent moins chargé en pollen d’arbres. Par contre, pour les personnes touchées par une allergie aux pollens des graminées, suivant la direction des vents, ce n’est peut-être pas la meil-leure idée. Pour rappel, de janvier à mai, les allergiques souffrent principalement de la dissémination des pollens des arbres et de mai à juillet, des pollens des graminées avant d’enchaîner de juillet à octobre avec celle des autres types d’herbacées. Chaque personne reste unique face à cette agression de son organisme puisque sa réaction va dépendre de son système immunitaire, du type de pollen et de l’intensité de la saison pollinique.

Les symptômes sont malheureusement très classiques: écoulement nasal, éternuements, nez et gorge irrités, voire conjonctivite. Ces personnes peuvent adapter, voire améliorer leur quotidien avec des mesures concrètes: se laver plus les cheveux, changer de vêtements, fermer fenêtres et portes, éviter les efforts et activités en plein air… Mais l’augmentation des personnes allergiques interpelle et renvoie inévitablement à des études qui analysent notre mode de vie dans des pays où l’hygiène omniprésente pourrait avoir tendance à rendre notre système immunitaire plus sensible aux substances étrangères… D’autres évoquent le fait que les particules fines de diesel pourraient aggraver aussi les symptômes des personnes atteintes d’allergie respiratoire.

Sur le même sujet
Plus d'actualité