#KuToo, au Japon les femmes disent stop à l’obligation de porter des talons

Au Japon, les femmes n'en peuvent plus d'être obligées de se rendre au travail chaussées de talons. Poussées par la vague #MeToo toujours bien présente, elles lancent le #KuToo.

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Il n’y a pas de petits combats. Au Japon, hommes et femmes se voient dans l’obligation d’adopter un style vestimentaire très strict pour se rendre au boulot. Jusque là rien de particulier sauf quand il s’agit de chaussures. En équilibre sur des talons pendant plusieurs heures, les Japonaises ont décidé de dire stop. Peut-être faut-il en avoir porté un jour pour vraiment comprendre l’inconfort et la douleur que les stilettos, compensés, et autres souliers perchés provoquent. Si certaines sont ravies de se promener perchées sur 12 centimètres de chaussures, libre à elles. Ce que les Japonaises n’acceptent plus, c’est d’être forcées à les mettre sous prétexte qu’elles sont femmes. « Se présenter en talons aiguilles dignes d’un night club est un faux pas, mais les chaussures plates sont généralement mal vues car elles sont traditionnellement considérées comme trop décontractées. Les escarpins mi-hauteur sont donc devenuesle code vestimentaire de facto pour les femmes », détaille le quotidien Japan Today.

Pour en finir avec les diktats de cette société patriarcale, les femmes ont décidé d’exprimer leur mécontentement sur les réseaux sociaux. Ponctué d’un « #KuToo » (inspiré de #Metoo et en référence à « kutsu » (chaussures) et « kutsuu » (douleur)) des centaines de femmes ont posté des messages sur Twitter pour expliquer le calvaire des talons. Parfois accompagnées de photos de leurs pieds ensanglantés, les publications ont fait le tour du web.

14.000 signatures contre les talons

L’initiative est parti de Yumi Ishikawa, actrice et modèle de 32 ans épuisée de voir les femmes de son pays soumises à des traditions archaïques. De son côté, la dessinatrice Rika Asakawa a imaginé un personnage vêtu de gants de boxe se battant contre une paire de chaussures à talons.

Lancée par Yumi Asakawa, une pétition a déjà été signée par plus de 14.000 personnes qui demandent le laisser le choix de la tenue libre. Si l’initiative semble minime face aux larges inégalités entre les sexes qui subsistent, elle reste un début pour les Japonaises qui voient dans cette tradition une énième privation de liberté.

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