« L’avocat des Diables » : séance plénière des matchs contre la Russie et face à Chypre

À l'issue de chaque rencontre qualificative pour l'Euro 2020, Moustique place les Diables Rouges sur le banc des accusés. Ont-ils vraiment tenu leur rang contre la Russie et face à Chypre ? La séance plénière est ouverte.

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Le réquisitoire

On s’est (un peu) ennuyé. À en juger par l’échelle élevée du « Rodrigomètre » – le nombre d’anecdotes extra-footballistiques racontées par Rodrigo Beenkens sur une rencontre -, surtout face à Chypre, le journaliste de la RTBF n’a pas eu grand-chose à se mettre sous la dent. On a retrouvé le commentateur des étapes de plaines du Tour de France quand il « oublie » de parler de la course pendant 15 minutes pour raconter l’histoire d’un châtelet local. Sommet atteint à Chypre avec des élucubrations d’ordre mythologique ou gustatif (la jeunesse du dieu Apollon ou la fraîcheur du fromage halloumi), au grand dam du taciturne Philippe Albert.

Mais revenons-en au principal : les performances des Diables. Le collectif prime ici sur l’individuel. On ne tiendra donc pas compte de la bourde monumental de Thibault Courtois face à la Russie. On fera même comme si ce moment n’avait jamais existé… Que ce soit lors du match à domicile, après le penalty d’Eden Hazard et son doublé face à la Russie, ou lors du déplacement à Chypre après le second but inscrit par Michy Batshuayi, les spectateurs ont lentement décompté les minutes jusqu’au coup de sifflet final. Les « papasses » des joueurs belges face à des adversaires bien plus faibles qu’eux donnant à la rencontre un effet soporifique… Après la raclée pris au pays de la raclette en novembre dernier (défaite 5-2 en Suisse et élimination de la Nations League), on aurait aimé que, dans un sursaut d’orgueil, les Diables mangent leurs adversaires et soignent leur image en même temps que le goal average ?

Mais les Diables n’avaient pas assez faim. Ils ont plus calculé que véritablement joué. Ils ont fait le job, sans chercher à se faire plaisir ou à séduire les supporters présents dans les stades. Peut-être étaient-ils déçus de l’affluence. Seuls 35 000 personnes étaient présentes à Bruxelles dans un Stade Roi Baudouin pouvant en accueillir près de 50 000. Et que dire de « la foule » du Stade GSP de Nicosie où seuls 6000 locaux se sont procurés un billet, la majorité des chypriotes profitant du lundi férié pour se rendre sur les côtes. Faut-il rappeler que nos joueurs sont médaillées de bronze du dernier mondial et premier du ranking FIFA ? Visiblement, ce n’est toujours pas suffisamment sexy. Gagner un trophée, avec la manière, pourra peut-être y remédier.

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La défense

Certes, le spectacle n’a pas toujours été au rendez-vous, mais comme de nombreux observateurs l’ont relevé, les Diables se sont acquittés de leur tâche avec sérieux. Et après la débâcle vécue en Suisse, c’est déjà ça de pris. Si l’on compare le match d’hier face à Chypre à celui de septembre 2015 (qualification Euro 2016) conclut par une victoire poussive 0-1, l’impression globale est tout de suite moins négative. Il y a quatre ans, les Belges avaient du bataillé pour obtenir un petite victoire, sans véritable fond de jeu. Hier, ils ont contrôlé la rencontre de bout en bout (merci Roberto Martinez). Qui plus est avec de nombreux novices sur le terrain.

Les jeunes que sont Youri Tielemans, Leander Dendoncker, Thimoty Castagne ont assuré en l’absence des cadres qu’ils remplaçaient. Le premier cité, régulièrement présent dans le onze de base de la sélection et très performant avec Leicester, a peut-être même définitivement gagné sa place de titulaire. Aux yeux du coach et dans le cœur des fans, il est en tout cas le joker attitré en cas d’absences de Kevin De Bruyne ou d’Axel Wistel.

Rappelons également que la période est cruciale. Les grands championnats européens entrent dans leur dernière ligne droite et les choses sérieuses vont (vraiment) commencer en coupes d’Europe avec les quarts de finale de la Champions League et l’Europa League. Ce n’est pas maintenant que les joueurs vont courir le risque de se blesser pour arracher un but supplémentaire dans une joute internationale, qui plus est contre des adversaires face auxquels les Diables peuvent se contenter de jouer en marchant.

Le verdict

6 sur 6 et premier du groupe, l’essentiel est acquis au terme de ces deux premières rencontres qualificatives. Captain Eden, qui a fêté hier sa centième « cap » avec un trentième but (il passe devant Marc Wilmots et rejoint Paul Van Himst), peut être satisfait de ses troupes. Plus que la manière, c’est le résultat et le sérieux affiché qu’il faut retenir. Avec deux rencontres programmée à domicile en juin face au Kazakhstan (atomisé 0-4 hier par la Russie) et l’Écosse (défaite 3-0 par ce même Kazakhstan jeudi dernier), les Diables Rouges peuvent déjà sereinement entrevoir la prochaine compétition internationale.

Espérons qu’ils n’oublient pas de s’amuser en chemin et, pourquoi pas, de pulvériser quelques records au cours de la campagne qualificative. N’oublions pas que ce groupe I contient également l’équipe d’amateurs de Saint-Marin…

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