Pourquoi est-ce qu’on trouve encore des vidéos anti-vaccins sur YouTube et les réseaux sociaux?

YouTube a annoncé avoir démonétisé les vidéos qui font l'apologie des méfaits des vaccins. Sauf que le hic, c'est qu'elles sont encore bien présentes tant sur le site que sur les réseaux sociaux.

Belga Images

« Preuve irréfutable que les vaccins causent l’autisme », « La vérité sur les vaccins », « Un message du mouvement anti-vaccin », sur YouTube, les vidéos aux intitulés douteux pullulent. Moins depuis quelques temps, certes, mais toujours bel et bien présentes. Sous leurs airs complotistes, elles représentent un réel danger quand elles atterrissent dans les mains de personnes mal informées qui auraient la mauvaise idée de prendre ce qu’Internet leur propose comme argent comptant. Parallèlement, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) tire la sonnette d’alarme et classe « l’hésitation à l’égard des vaccins » dans son top 10 des principales menaces pour la santé. Le tout au même moment où l’épidémie de rougeole fait rage alors qu’un vaccin existe.

Chasse à la désinformation

Depuis plusieurs mois, les réseaux sociaux – ainsi que d’autres sites tels qu’Amazon et YouYube – se sont lancés dans une lutte effrénée contre les fake news. Le travail est aussi colossal qu’éreintant et les résultats pas (encore) très concluants. Pour les vaccins, la prise de conscience des géants du web a été vivement accélérée par l’élu américain Adam Schiff. Dans un courrier adressé aux PDG de Facebook, Amazon et Google (propriétaire de YouTube) en février, le démocrate attire l’attention sur les contenus et produits qui « découragent les parents à vacciner leurs enfants ». Adam Schiff appelle à la modération et clame des actions. Publicités anti-vaccins, conférences tenues par de soi-disant médecins, les vidéos se multiplient et se propagent à une vitesse folle.

Le courrier est bien reçu et les premiers efforts rapidement visibles. Amazon a annoncé avoir interdit la vente de produits anti-vaccin sur son site, Facebook promet de réduire la portée des groupes et pages qui diffusent de fausses informations en faisant en sorte qu’ils n’apparaissent plus dans les recherches et Google assure ne plus monétiser ses vidéos aux milliers de vues et d’abonnés. Un pas en avant oui, mais l’efficacité des bonnes résolutions restent encore très moyenne. Sur Facebook, il suffit de taper « vaccin » dans la barre de recherches pour tomber sur des groupes de discussion douteux qui incitent à protéger les enfants de ce fléau. Pareil pour les recherches faites en anglais.

Facebook

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Le cas YouTube

Pour lutter contre ses vidéos, YouTube a opté fin février pour la démonétisation des contenus anti-vaccin. Ce qui a pour seul effet d’empêcher la publicité sur ces vidéos et, par conséquent, un quelconque revenu. Pour le site spécialisé Numerama qui publie une enquête fouillée sur le sujet, la mesure manque d’efficacité. Les vidéos restent très visibles et leur dangerosité n’est aucunement désamorcée. « En tapant « vaccins » on obtient parmi les 50 premières vidéos affichées 18 % de contenus avec des fausses informations à l’intérieur. Ce chiffre s’accroît encore plus lorsque l’on cherche « vaccins vérité » : il dépasse alors les 50 % », explique Numerama.

Le site émet également de gros doutes sur l’effet de la démonétisation sur la visibilité des contenus anti-vaccins. « La plupart des personnes qui publient de telles vidéos cherchent-elles à gagner de l’argent ? » questionne justement Numerama. Il y a fort à penser que l’aspect financier n’est pas la motivation première des individus qui tentent de démontrer coûte que coûte que les vaccins servent uniquement à supprimer deux-tiers de la population.

Mais du coup, comment faire pour empêcher la prolifération massive de ses vidéos ? Que mettre en place pour bloquer ces contenus alors qu’il est si simple de les publier et les diffuser ? Au même titre que les vidéos faisant l’apologie des armes, de la drogue ou du trafic d’être humains, aucun géant du web n’a encore trouvé de solution optimale pour être capable de certifier que ces contenus étaient en voie d’extinction sur leur plate-forme.

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