Pourquoi personne ne parle du cyclone Idai qui a ravagé le Mozambique ?

Près de mille morts, des villes rasées de la carte, des routes détruites, des populations coupées du monde,... Le bilan de l'ouragan qui a frappé le Mozambique, mais aussi le Zimbabwe et le Malawi est catastrophique.

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Les photos de Beira, deuxième plus grande ville du Mozambique, après le passage du cyclone Idai il y a quatre jours font froid dans le dos. Tout est submergé ou détruit. On ne distingue plus les routes, les ponts ont été engloutis, les écoles et les hôpitaux balayés et les rares maisons restées debout n’ont plus d’habitation que le nom. La métropole, qui compte un demi-million d’habitants, a été ravagée à plus de 90%.

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Le bilan humain, quant à lui, pourrait dépasser les 1.000 morts et 100.000 personnes sont encore en danger à cause des inondations. Il s’agit de la pire catastrophe naturelle jamais connue par le pays. Un désastre dont les médias traditionnels parlent peu. On est bien loin en tout cas de la couverture médiatique de l’ouragan Irma, de Sandy ou de Harvey qui ont ravagé les États-Unis ces dernières années.

La théorie du « mort-kilométrique »

L’apathie à l’égard du sort des milliers d’habitants du Mozambique s’inscrit dans un réflexe plus global… Le manque d’intérêt pour certaines tragédies reflète depuis longtemps le fonctionnement de l’actualité. De nombreuses études se sont succédées depuis les années 60 pour mettre en évidence ces inégalités de traitement dans l’information. Il en résulte une théorie journalistique très cyniquement nommée « loi du mort-kilométrique ».

En résumé, pour déterminer la valeur d’une info, il suffit de prendre le nombre de morts divisé par le nombre de kilomètres qui séparent les lecteurs de la catastrophe. Selon cette loi, un décès survenu au centre de Bruxelles aura ainsi bien plus d’impact émotionnel pour un Belge, parce qu’il peut s’y identifier, qu’une centaine de morts en Inde.

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La proximité émotive ou géographique est donc un vecteur d’intérêt incontournable dans les médias du monde entier. Ce qui explique que la plupart de ceux-ci couvrent à peine le cyclone Idai, comme cela s’était déjà produit plus tôt avec les inondations en Asie du Sud qui ont coûté la vie à 1.200 personnes et en ont déplacé des milliers d’autres en Inde, au Bangladesh et au Népal, à peu près au même moment où Harvey et ses inondations ont tué 77 personnes au Texas.

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