Le beau monde de Vincent Peiffer : Caste parlementaire

Il y a trois façons de devenir député : être pro de la politique, “fils de” ou vedette télé.

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Le 26 mai, les visages contrits vont encore déplorer le “fossé entre le politique et le citoyen”, qui s’est encore creusé. Les abstentions, le votes blancs ou nuls auront encore grossi. Pourtant, aujourd’hui, ils nous jurent qu’ils ont tous compris le message de la population, des gilets jaunes, des marcheurs du climat et de ceux qui réclament plus d’action politique au service des citoyens. Ils ont bien compris aussi que les Belges en ont assez du “toujours les mêmes”. Donc bien. Et puis on regarde les listes. Tout en haut, on y voit les mêmes : Reynders, Di Rupo, Lutgen, Milquet… On voit les recasés comme Olivier Chastel (n°1 MR à l’Europe). On voit aussi les pré-retraité(e)s de la politique comme Joëlle Milquet ou Sabine Laruelle qui reviennent à la rescousse. On voit encore les innombrables “fils ou filles de”, qui n’ont jamais fait que ça : de la politique. La dynastie Michel, bien sûr (avec un Charles ministre wallon dès 24 ans!, et Mathieu), les Ducarme (Denis et Lucas, fils de Daniel), Benoît Lutgen (fils de Guy), Frédéric Daerden (fils de Michel), Bernard Clerfayt (fils de Georges) et des tas d’autres, tous bien placés, comme Nicolas Reynders, fils de qui vous savez, 5e de liste à Liège.

On entend aussi Magnette annoncer qu’il ne siégera pas au Parlement européen. Ou Reynders qui préférera la présidence du Conseil de l’Europe alors qu’il est tête de liste à la Chambre pour Bruxelles. Et enfin on voit ces attrape-voix échanger leur tête de TV contre un siège de député assuré. On pensait qu’Olivier Maroy, en 2014, aurait été le dernier de ce carnaval de dupes, après Anne Delvaux, Marc Wilmots, Florence Reuter, Frédérique Ries, Jean-Denis Lejeune ou Jean-Claude Defossé. Mais c’est reparti de plus belle : Philippe Malherbe 2e au cdH, Claude Moniquet tête de liste régionale chez Destexhe, Michel De Maegd 3e au MR à la Chambre, qui va nous répéter qu’il est “gauchiste de droite” à tendance écolo. Dans tous les partis, des centaines de militants de longue date ou des jeunes prometteurs auraient pu renouveler les parlements. Mais ils ne font pas partie de la bonne caste : celle des pros de la politique, des “fils” de et des gueules de télé. C’est pas de chance.

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