La colombophilie : un sport de pigeons ?

Armando est, depuis quelques jours, le pigeon voyageur le plus cher de l’histoire. Vendu à plus d’un million d’euros à un amateur chinois, l’oiseau belge pourrait bien changer l’image de la colombophilie, un sport bien ancré en Belgique.

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La colombophilie est un art. L’art d’élever des pigeons voyageurs, mais aussi de les faire concourir. Un sport, que les passionnés définissent plutôt comme un jeu. Un jeu qui a un fort ancrage belge. Les premières courses voient le jour au début du 19ème siècle dans le Nord de la France et en Belgique. Principalement dans le Borinage, où la colombophilie connaît un réel envol, encouragé par les compagnies minières. Les premières organisations et fédérations nationales naissent au début du 20ème siècle et se sont depuis regroupées au sein de la Fédération Colombophile Internationale (FCI), dont le siège se trouve – surprise – à Hal, dans le Brabant flamand. Pas étonnant, donc, d’apprendre que les pigeons les plus chers au monde soient Belges.

« La structure en Belgique est tellement organisée qu’elle permet d’arriver à une sélection de pigeons de qualité supérieure », affirme Hilaire Surinx, éditeur du magazine La Colombophilie Belge. Dans la liste des plus gros « transferts », on retrouve par exemple New Bliksem (376.000 euros), Mr. Fantastic (500.000 euros) et bien sûr Armando, le « Neymar des pigeons » que son propriétaire, Joël Verschoot, a cédé à un acheteur chinois pour la modique somme de 1.252.000 euros.

Une passion avant tout

La colombophilie belge a vu son nombre d’éleveurs chuter significativement. 120.000, il y a encore quelques dizaines d’années, ils ne seraient plus que 22.000 dans cette discipline exigeante, qui peut demander énormément de sacrifices. « S’occuper de pigeons, c’est du 365 jours sur 365. C’est pour ça qu’on aperçoit, par exemple, chez les jeunes qui arrivent dans le milieu qu’ils ont tendance à jouer en paires pour éviter qu’il y ait trop de pression sur leur vie de famille », explique Hilaire Surinx.

Pourtant la quantité de bagues vendues reste inchangée. Les éleveurs, moins nombreux, font concourir nettement plus de pigeons qu’avant. La colombophilie subit une certaine professionnalisation, à l’image de ces montants astronomiques. « D’un côté, la vente d’Armando bénéficie bien sûr à son éleveur, Joël Verschoot. Mais d’un autre côté, j’ai peur que cela donne une mauvaise image des amateurs, qu’on pourrait voir comme des personnes au capital élevé. Alors que 90% des colombophiles restent de simples passionnés ».

Retour sur investissement ?

Le nouveau propriétaire chinois d’Armando se fait plutôt discret. À part sa nationalité, on n’en sait pas grand-chose. Ni les motifs de l’achat, ni les plans de l’acheteur. On pourrait imaginer que cet amateur de pigeons ait voulu investir dans un champion pour en reproduire d’autres, ce qui se fait régulièrement dans le monde de la colombophilie. Mais pas sûr que le jeu en vaille la chandelle tellement les probabilités sont incertaines…

Armando, qui est un réel champion au vu de ses nombreux podiums aux différentes compétitions nationales, pourrait peut-être encore concourir. Mais ça serait prendre un énorme risque. « Un accident est si vite arrivé. Il suffit qu’un épervier passe par là… Personnellement, je pense que la seule raison, c’est le prestige », conclut Hilaire Surinx. Un prestige à plus d’un million d’euros.

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