Anouk Van Gestel : « Les enjeux de ce siècle seront l’économie verte, la mobilité et la justice sociale »

Figure du mouvement de solidarité en faveur des migrants, elle quitte le journalisme et rejoint Écolo. 

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Qui est venu vous dévergonder et vous détourner du journalisme ?

J’avais décidé de quitter Marie Claire (dont elle était rédactrice en chef – NDLR) en septembre. Le métier n’avait plus beaucoup de sens pour moi. J’ai reçu un appel de Zakia Khattabi… Et comme je comptais voter pour une femme et pour Écolo, ça se mettait bien…

Vu votre profil, on aurait pu croire que le PS  viendrait vous solliciter.

Ils ne me l’ont pas demandé. Mais j’ai été approchée par deux autres listes que j’ai promis de ne pas dévoiler.

Votre amitié avec Alda Greoli laisse supposer que le cdH vous a approchée…

(Rire.) Non, je ne répondrai pas. J’ai énormément d’affection pour Alda Greoli, mais le cdH, ce n’est pas tout à fait mes opinions politiques.

Votre engagement auprès des migrants, qui vous a valu d’être poursuivie par la justice dans le “procès des hébergeurs”, a-t-il révélé votre glamour politique ?

C’est une bonne question, mais j’imagine, oui. J’ai été acquittée, mais je vais en appel où je crois que je serai à nouveau acquittée. Répéter que la solidarité n’est pas un crime, cela a eu un sens, et puis mon positionnement clair sur l’immigration a joué. Il est temps d’avoir une politique d’immigration humaine, commune et cohérente.

Pour rejoindre Écolo, faut-il être calée en panneaux photovoltaïques et en éoliennes ?

C’est là où tout le monde attend de voir mes défaillances…

Les éoliennes, ce n’est pas pour ça qu’ils vous ont appelée…

Ce n’est pas pour ça qu’ils m’ont appelée, même si je crois que les enjeux de ce siècle seront l’économie verte, la mobilité et la justice sociale.

Êtes-vous de celles qui parlent aux arbres et écoutent ce qu’ils ont à nous dire ?

(Rire.) Il est un fait que je surprends mes enfants quand, en forêt, j’embrasse un arbre car, oui, ça m’arrive. J’aime la nature, vraiment. 

Vos gestes pour la planète ?

Bon, je vais encore me ridiculiser… Pas plus tard qu’hier, j’ai tenté mon premier détergent bio fait maison – à base de vinaigre, de bicarbonate de soude et d’huiles essentielles -, ça m’a un peu pété à la figure. J’ai encore du travail… 

Vos modèles politiques ?

Simone Veil.  Immense respect, une femme de courage, de conviction. Je suis pour l’ouverture, je suis pro- européenne et j’ai beaucoup de respect pour Angela Merkel. 

Vous savez qu’avec Michel De Maegd au MR, Philippe Malherbe au cdH, Claude Moniquet sur la liste Destexhe, François De Smet chez DéFI, on vous appelle des attrape-voix…

C’est une décision que j’ai acceptée, j’ai encore peu de culture politique, il y a encore un peu de formation à faire, mais j’adhère au programme Écolo.

Que craignez-vous le plus ? Les médias, vos anciens confrères ou vos bourdes ?

Je suis connue pour être un peu impulsive, un peu grande gueule et oui, j’ai un peu peur de mes bourdes, car j’en suis capable.

Votre combat pour les migrants vous a-t-il fait gagner votre place au paradis ?

(Rire.) Mince, je ne suis pas croyante, je ne crois pas au paradis, mais je crois à une bonne vie sur terre. Et comme on n’en a qu’une, je veux me dire que celle-ci est gagnante, et si je devais resigner, je resigne. 

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