Pourquoi le couple MR et cdH ne se reformera pas en Wallonie

Majorité MR-cdH, le coup de grâce est tombé. Plus personne ne croit désormais que cette alliance éphémère -deux années de gouvernement à la tête de la Wallonie- sera reconduite. Tout cela à cause de Madame Potigny ?

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Les petites histoires font les grandes. La mauvaise humeur de Madame Potigny, Patricia de son prénom, l’a poussée dans les bras d’Alain Destexhe. Personne n’avait vu venir la sexagénaire, originaire de Montigny-le-Tilleul, devenue députée en de tristes circonstances, lors du décès de Véronique Cornet. Qu’à cela ne tienne. Chemin et mandat faisant, Patricia Potigny a gagné en appétit politique et lorsqu’elle s’est rendue compte qu’elle ne serait pas positionnée en place éligible, elle a rejoint Alain Destexhe, taclant en plein dans les tibias la majorité wallonne déjà fort court sur pattes.

A la merci des états d’âme

Dans l’immédiat, et jusqu’aux élections, les choses ne seront guère simples. Le départ de la députée MR pourrait semer le trouble dans des troupes rodées au garde à vous. Puisqu’il faudra désormais se compter à chaque proposition ou décret, et cela à une encablure des élections, l’envie de se faire remarquer en votant « non » pourrait tenter plus d’un élu MR mais surtout, nous dit-on, cdH. Jusqu’ici, cette majorité qui tenait à un siège ne permettait pas ce genre d’états d’âme. Le gouvernement Borsus qui comptait 38 sièges sur 75 au sein de l’assemblée régionale n’en dispose dès lors plus que de 37. Il n’y a pas que la défection de Patricia Potigny qui joue. Jusqu’ici, et même si ce n’est pas très glorieux, André-Pierre Puget votait généralement aussi en faveur des mesures voulues par la majorité walonne. Continuera-t-il ? Au gouvernement, on espère bien qu’ils permettront de garder la barre à droite.

Comment tourne le vent

De fil en aiguille, tout est cependant en passe de se détricoter. Ces départs vers la liste Destexhe ne semblent pas effrayer (« feront-ils seulement un élu en Wallonie ? » ) mais n’arrangera guère les résultats électoraux. Mathématiquement, reformer la coalition libérale-humaniste apparaît hautement improbable. Politiquement, cela devient désormais très difficile aussi. Et ce n’est pas qu’une question de droite bien à droite et du parti Destexhe. La victoire annoncée des écologistes risque de les rendre incontournable au sein d’une majorité. Il y a moins de trois mois, le ministre-Président wallon, Willy Borsus (MR), disait encore que sa préférence allait à la reconduction de la coalition actuelle. En politique, le vent peut tourner très vite.

 

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