Pourquoi Léa Salamé doit quitter France Inter?

Journaliste politique phare, Léa Salamé se voit dans l'obligation de quitter France Inter le temps des élections européennes. En cause : son compagnon, Raphaël Glucksman.

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Tous les matins entre sept et neuf heures, plus de quatre millions de Français ont les oreilles pendues à ses lèvres et à celles de son acolyte, Nicolas Demorand. Depuis plusieurs mois déjà, l’audience de France Inter ne fait que croître, majoritairement grâce à l’émission de Léa Salamé qui atteint la première place au classement des matinales françaises.

Après huit années passées à travailler pour différentes chaînes d’information en continu, Léa Salamé se fait remarquer grâce à son poste de chroniqueuse dans l’émission phare de Laurent Ruquier, On n’est pas couché. Depuis, la journaliste franco-libanaise est devenue une référence en politique et l’un des visages des dernières élections présidentielles notamment grâce à L’émission politique qu’elle anime sur France 2. C’est aussi elle qui, en août dernier, recevait l’ancien ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, et qui a appris, avec stupéfaction, sa démission en direct. Avec beaucoup de sang froid et de répondant, Léa Salamé s’illustra une nouvelle fois comme figure inconditionnelle du monde médiatique français.

Éviter les conflits d’intérêts

Incisive et rentre dedans, la journaliste a toujours mis un point d’honneur à préserver sa neutralité journalistique et à dissimuler ses orientations politiques. C’est pour toutes ses raisons que France Inter a annoncé vendredi matin que sa journaliste cesserait, le temps des élections européennes, de présenter une quelconque émission politique de peur de se retrouvre dans une situation délicate. « Pour éviter tout soupçon de conflit d’intérêt qui pourrait affecter l’image de France Inter et troubler ses auditeurs, la direction et Léa Salamé, en plein accord, ont pris la décision d’acter le retrait de la journaliste de l’antenne dès la fin du mois de mars au regard de sa situation personnelle, son compagnon Raphaël Glucksmann »,expliquait la chaîne dans un communiqué de presse. Tout en précisant qu’elle pourrait reprendre ses fonctions dès l’annonce des résultats des élections.

La veille, son compagnon, Raphaël Glucksman, annonçait être candidat aux élections du 27 mai. C’est d’ailleurs sur France-Inter que l’essayiste de gauche a annoncé qu’il conduirait une liste.

En France, ce n’est pas la première fois que des journalistes (majoritairement des femmes) ont dû être écartées de leur poste le temps d’une élection. Audrey Pulvar (ex-compagne de l’ex-ministre Arnaud Montebourg), Anne Sinclair (ex-compagne de DSK) ou Béatrice Schönberg (compagne de l’ex ministre de l’Écologie Jean-Louis Borloo), ont connu le même sort. L’ancienne présentatrice du 19/20, Audrey Pulvar, a d’ailleurs tenu à prendre la défense de Léa Salamé et a déploré sa mise à l’écart.

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