Attaque terroriste en Nouvelle-Zélande: les dangers de l’extrême droite

Au moins quarante-neuf personnes ont été tuées, simultanément dans une attaque très préparée qui s'est tenue dans deux mosquées à Christchurch. Un massacre signé par plusieurs partisans d'extrême droite.

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Deux mots qui paralysent : « Attaque Terroriste ». Un geste motivé par la haine, qu’il soit opéré par des islamistes ou comme ça a été le cas à Christchurch, par des partisans d’extrême droite. Ils se confondent dans leurs actes et dans le sang qu’ils font couler. La question que posent aujourd’hui de nombreux médias Néo-Zélandais rappelle des interrogations qui ont fait les Unes européennes pendant de longues semaines : qu’est-ce qu’on a raté ? En France, en Belgique, en Allemagne, en Angleterre,…

Ce 15 mars 2019, la police néo-zélandaise a arrêté quatre personnes à la suite d’une fusillade dans deux mosquées de Christchurch et a confirmé qu’au moins 49 personnes, y compris de jeunes enfants, avaient été tués dans ce qui semblait être un attentat terroriste d’extrême droite. Bon nombre des victimes étaient probablement des migrants ou des réfugiés. Un extrémiste soupçonné d’être en lien avec cette fusillade a qualifié cette opération de « vengeance » pour le meurtre d’une suédoise de 11 ans lors de l’attaque terroriste de 2017 à Stockholm.

Un manifeste suprémaciste

Peu de temps avant la fusillade, quelqu’un qui semblait être le tireur a publiquement publié des liens vers un manifeste sur Twitter et 8chan, un forum en ligne. Le tueur, jeune homme d’une vingtaine d’années originaire d’Australie, y parle de « suprématie blanche » et motive son geste en expliquant le choix de l’emplacement de cette attaque « un attentat en Nouvelle-Zélande permettrait de mettre en lumière la vérité sur l’attaque de notre civilisation, prouvant que personne dans le monde n’était en sécurité : les envahisseurs se trouvent sur tous nos territoires. »

Le message de 8chans incluait un lien vers ce qui semblait être la page Facebook du tireur, où il aurait annoncé qu’il diffuserait bientôt une vidéo en direct de l’attaque. Ce qu’il a fait. La vidéo dure dix-sept minutes et on l’y voit entrer dans la mosquée et ouvrir le feu pour ensuite retourner chez lui pour changer d’armes. Une vidéo extrêmement choquante qui se retrouve encore à l’heure actuelle sur YouTube et sur Twitter.

Des armes de guerre

Il y a également la question des armes à feu. En Nouvelle-Zélande, contrairement aux États-Unis, posséder un fusil n’est pas garanti par la loi. La réglementation à ce sujet y est considérée comme très restrictive. Pourtant le principal suspect était massivement armé et possédait notamment des équipement « de guerre». Si certains fusils semi-automatiques peuvent être achetés avec une licence de base, mais les armes répétitives semi-automatiques avec une capacité de chargeur étendue du type décrit par les témoins nécessitent l’obtention d’une licence spéciale. Pour l’obtenir, le futur propriétaire est censé faire l’objet de contrôles de police approfondis.

Voilà qui s’ajoute à la longue liste de manquements face à l’émergence d’une menace terroriste. Le Dr John Battersby, expert de la lutte contre le terrorisme en Nouvelle-Zélande, soulignait d’ailleurs avec regret que l’éloignement (de la Nouvelle-Zélande : NDLR) n’est pas une protection contre la montée de l’extrémisme mondial. Avec l’épanouissement de la droite en Europe, et le président américain Donald Trump et l’extrême droite en Amérique qui enhardissent les terroristes potentiels, il est aujourd’hui primordial de redoubler de prudence.

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