Le cardinal Danneels, grand-père pour beaucoup de Belges, s’en est allé

Il a essuyé le chagrin des Belges lors du décès du roi Baudouin. Il était aux côtés du pape François lorsqu'il a été nommé. Le cardinal Danneels, qui vient de décéder, restera une figure d'une grande sagesse aux yeux de nombreux Belges.

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Le cardinal Godfried Danneels est décédé jeudi à Malines à l’âge de 85 ans. Il fut le numéro 1 de l’Eglise catholique belge pendant plus de 30 ans. Né le 4 juin 1933, il était devenu archevêque de Malines-Bruxelles en 1979. Il fut nommé cardinal en 1983 par Jean-Paul II. Il a été admis à l’éméritat le 18 janvier 2010, Mgr André-Joseph Léonard devenant le nouvel archevêque de Malines-Bruxelles, primat de Belgique. Il avait même été pressenti, un temps, pour devenir pape. Godfried Danneels avait pris sa retraite à l’âge de 75 ans. Mais aux yeux de nombreux belges, il était resté leur cardinal de cœur même si on ne le voyait désormais plus. Sa santé s’était très fort dégradée.

Un fervent défenseur du dialogue

C’est un peu un grand-père qui est mort aux yeux de nombreux Belges. Nombreux sont ceux qui se souviennent du cardinal Danneels lors des funérailles du roi Baudouin. Il avait alors dit que « le roi Baudouin était plus qu’un roi ». Cette phrase marquera les esprits et les cœurs de la population. « C’était un homme très réservé, voire timide tout en étant un fervent défenseur du dialogue avec tous et avec les chrétiens de tous bords. Il avait un esprit de concertation. C’était un homme d’accueil, d’ouverture et de non-condamnation. Mais il avait aussi ses opinions. Et c’était un vrai pasteur », souligne Tommy Scholtès, porte-parole des évêques de Belgique. Et puis, « la sagesse du grand-père lui était naturelle ».

Une ligne ouverte et humaine

Le décès du cardinal Danneels intervient alors que le pape François fête sa sixième année à la tête de l’Eglise. On se souvient ici aussi que Danneels était à la gauche du pape sur le balcon de la basilique Saint-Pierre, au moment de sa nomination. Le cardinal belge, qui s’était montré très sévère lors de la nomination de Benoit XVI, le prédécesseur de François, a dû jouer un rôle fort lors du conclave. Tout cela restera secret à jamais. Mais la ligne ouverte et humaine du pape actuel correspond bien à celle qu’a observée le cardinal Danneels tout au long de sa vie. « Il était plus proche de la vie réelle des gens que des principes. Dans le domaine de la morale, il estimait que la conscience des gens était au moins aussi importante que les enseignements de l’Eglise. Par rapport à la communion aux personnes remariées (ce que l’Eglise interdit en principe, NDLR), il disait toujours qu’aucun prêtre ne refuserait jamais de la donner. »

Touché par les affaires de pédophilie

Le cardinal Danneels avait toutefois été épinglé dans les affaires de pédophilie qui ont secoué l’Eglise belge. Il était en première ligne parce qu’il était le chef de l’Eglise à ce moment-là. Quand l’ affaire de pédophilie qui concernait l’évêque de Bruges a éclatée, il ne l’a pas dénoncé tout de suite. Comme le cardinal Barbarin qui vient d’être condamné en France à six mois de prison avec sursis pour ne pas avoir dénoncé un de ses prêtres. Le cardinal Danneels a toutefois reconnu plus tard que cela avait été une erreur de sa part.

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