Le foot féminin décolle et la Coupe du monde attire les foules

Les tickets pour la finale se sont écoulés en 35 petites minutes. Une preuve de plus de l’engouement qui règne autour du foot féminin. Un train qu’essaie de prendre la Belgique.

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Vous rêvez d’un football porté par les valeurs sportives et pas encore pourri par l’argent ? Il existe, et il se décline au féminin. Les preuves de l’enthousiasme autour du foot féminin se multiplient ces derniers mois. La dernière en date : les billets de la huitième Coupe du monde qui aura lieu en France au mois de juin se sont arrachés. Ce jeudi, la FIFA lançait la dernière phase de vente de billets. Les 58 000 places disponibles pour la finale à Lyon sont parties en 35 minutes. Il reste encore quelques tickets, à des prix plus qu’abordables, pour certains matchs de groupes. Américaines, Françaises, Allemandes et Brésiliennes devraient donc se disputer la victoire finale devant plusieurs milliers de spectateurs.

Une Coupe du monde qui se jouera malheureusement sans la Belgique. Si les Red Flames peuvent nourrir des regrets après la meilleure campagne de qualif’ de leur histoire et une élimination en barrage face à une équipe suisse qui n’était pas meilleure, le foot féminin a nettement progressé chez nous ces dernières années. Il y a quinze ans, l’équipe nationale prestait devant une petite centaine de curieux. Aujourd’hui, les Red flames remplissent le stade d’OHL à Louvain, soit près de 10 000 spectateurs. Ce week-end, elles ont arraché la troisième place à la prestigieuse Cyprus Cup.

37 000 affiliées

Inspirées par Janice Cayman ou Tessa Wullaert, les jeunes filles se bousculent à l’entrée des terrains, qui leurs sont de plus en plus consacrés. Alors que les gros clubs, comme le Standard ou Anderlecht, commence à prendre leur équipe féminine au sérieux, le football provincial gagne en qualité autant qu’en quantité. La nombre d’affilées a explosé, passant de 20 à 37 000 en cinq ans. On est encore loin des 100 000 licenciées des pays Scandinaves mais il y a du mieux. D’autant qu’à côté de la ligue officielle, de nombreuses filles frappent la balle en semaine, au cœur d’une compétition spécialement conçues pour les débutantes. La BBFL, pour Belgian Babes Football League, rassemble 39 équipes et près de 800 joueuses sur les terrains bruxellois et brabançons pour des matchs labellisés « Play for fun« .

La suite ? Une médiatisation encore accrue et le développement d’un vrai football féminin professionnel en Belgique. Car les meilleures joueuses du pays doivent encore combiner leur activité footballistique à leurs journées de travail. La création du Soulier d’or féminin en Belgique et du Ballon d’or mondial et l’achat des droits de diffusion de la Coupe du monde en France par la RTBF, malgré l’absence la Belgique, sont autant de facteurs essentiels à l’expansion d’un autre type de football.

Rappelons qu’en 2017, une étude de l’UEFA rapportait que la pratique du football avait des répercussions sur la confiance en soi nettement plus positives que les autres sports pour les femmes, grâce notamment au sentiment d’appartenance à une équipe et au désintérêt envers ce que les autres pouvaient penser d’elles.

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