Droits des femmes : un pas en avant, deux en arrière

Malgré un léger progrès ces dernières années, l’écart entre hommes et femmes est loin d’être résorbé. Dans certains pays, même, les droits des femmes régressent.

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Chaque année, dans son Global Gender Gap Report, le Forum économique mondial (WEF) fait le point sur les droits des femmes à travers le monde. La fondation analyse l’écart entre les deux sexes en se focalisant sur quatre secteurs : l’emploi, l’éducation, la santé et la politique. Du rapport de 2018 ressort que mondialement, 65% de l’écart serait résorbé. Une amélioration de 3,6% par rapport à la première publication, datant de 2006. Statistiquement, dans 108 longues années, l’écart devrait être complètement refait. Statistiquement seulement. Parce que même si les chiffres illustrent une légère progression, les cas de régression des droits des femmes aux quatre coins du monde, ne manquent pas.

L’un des exemples les plus cités est celui de l’Égypte. Pendant plus d’un siècle, les autorités égyptiennes ont laissé de côté la tradition islamique pour prôner la paix, la connaissance, les sciences ou encore le développement économique. Les institutions démocratiques ont permis aux femmes de s’émanciper jusqu’à ce que tout s’effondre dans la deuxième partie du 20ème siècle. L’Égypte, où 99,3% des femmes et jeunes filles déclarent avoir été victimes de harcèlement sexuel dans l’espace public, occupe une des dernières places au classement établi par le WEF.

Plus récemment, la République Dominicaine s’apprêtait à faire un pas considérable en avant. En 2014, des réformes au Code pénal avaient été adoptées en matière d’avortement. Ces réformes, qui visaient à dépénaliser l’IVG dans certains cas, étaient censées entrer en vigueur un an plus tard. Deux semaines avant l’échéance historique, la Cour constitutionnelle du pays a annoncé qu’elles seraient annulées. Le texte, datant de 1884, reste donc inchangé et interdit strictement aux femmes d’avorter, même en cas de viol, d’inceste ou de danger pour la future mère.

La porte à côté

Plus près de chez nous, la Pologne fait, elle aussi, partie des mauvais élèves en la matière. Il y a quatre ans, les femmes ont été autorisées à se procurer librement la pilule du lendemain. Autorisation qui n’a pas duré longtemps puisqu’en 2017, un projet de loi a été adopté les obligeant à se munir d’une prescription médicale.

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En Hongrie, le programme conservateur et nationaliste de Viktor Orban ne passe pas inaperçu. Le premier ministre, en place depuis 2010, enchaîne les répliques machistes réduisant le rôle de la femme à celui de « s’occuper de la maison et de faire des enfants ». Au sommet de son art, Orban a même aménagé le manuel scolaire de sciences naturelles, dans lequel les jeunes hongrois·es peuvent désormais lire que « les garçons et les filles (…) n’ont pas les mêmes capacités physiques et aptitudes intellectuelles ».

Alors oui, il y a eu du progrès. Mais non, ce n’est pas parfait. Le chemin à parcourir reste long pour qu’un jour, partout dans le monde, les femmes n’aient plus à se battre pour obtenir des droits qui devraient déjà être les leurs.

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