60% des élèves en 5ème secondaire ont doublé au moins une fois en Belgique francophone

Une nouvelle étude démontre que le redoublement favorise le décrochage scolaire.

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Championne d’Europe du redoublement. C’est la triste place qu’occupe la Belgique au classement des pays qui font bisser leurs élèves en cas d’échec scolaire. « D’après les derniers indicateurs de l’enseignement, plus de 60 % des élèves en 5ème secondaire ont doublé au moins une fois… Dont plus de la moitié au moins deux fois.» La nouvelle synthèse publiée conjointement par des chercheurs de l’UCLouvain et de l’ULiège est interpellante. Mais au delà des chiffres, c’est l’impact d’une telle pratique qui pose question. Elle serait inefficace, voire pire, contre-productive. « Dans les systèmes qui pratiquent davantage le redoublement, tant au primaire que dans le secondaire, les inégalités liées à l’origine socioculturelle de l’élève sont plus marquées. »

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En synthétisant différentes études internationales au sujet du redoublement menées aux États-Unis et en Europe notamment, les chercheurs démontrent que la Belgique francophone fait figure d’exception parmi les membres de l’OCDE. En effet, la Fédération Wallonie-Bruxelles compte de loin le taux d’élèves de 15 ans en retard le plus important : 46 %, devant l’Espagne, le Portugal et le Luxembourg (31 % chacun). Alors qu’en moyenne dans les systèmes éducatifs de l’OCDE, le retard à 15 ans est de 12 %.

« Ce faisant, un système éducatif encourt-il un risque de voir ses performances diminuer, comme on l’entend souvent affirmer par ceux qui agitent le spectre de la baisse de niveau ? La réponse est clairement non. » Les systèmes scolaires où le redoublement est rare, voire quasi-inexistant, ont permis de le prouver. Les pays où le redoublement a diminué de façon sensible depuis 2000 – notamment la France (moins 16 %) et le Luxembourg (moins 9 %) n’ont enregistré aucun effondrement du niveau. D’autant que faire bisser un étudiant, que ce soit en primaire ou en secondaire, augmente ses chances de le voir décrocher. Des méthodes qui auraient également un impact négatif sur son développement psychosocial. Il est donc essentiel que ces méthodes soient remises en question.

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