Trop peu de policiers bilingues à Bruxelles: « Wablieft »?

Selon le SPF Intérieur, quatre policiers bruxellois sur dix ne maîtrisent pas suffisamment le néerlandais. Le constat n’est pas nouveau, mais comment y remédier ?

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Dimanche dernier, l’hebdomadaire flamand De Zondag a relayé les chiffres du SPF Intérieur dont il ressort que seulement 58% des policiers à Bruxelles sont bilingues. Une situation qui ne s’arrange pas et qui recule même d’un pourcent par rapport à l’année passée. Sur 6288 agents bruxellois, seuls 3648 disposent du brevet de bilinguisme. Bilinguisme qui est pourtant légalement obligatoire pour officier à Bruxelles…

Cette obligation légale est loin de faciliter le recrutement des policiers. Les agents ont tendance à se diriger vers le secteur privé où la maîtrise du néerlandais n’est pas forcément obligatoire. Les zones de police font alors appel à des policiers wallons pour venir travailler dans la capitale. Ce sont ces zones de police qui sont responsables du recrutement et ce sont elles qui décident de mettre en place ou non des projets pour améliorer les capacités linguistiques de leurs agents. « La zone de police de Bruxelles Nord, par exemple, libère déjà des moyens pour l’apprentissage de l’autre langue« , nous informe-t-on du côté de la police fédérale.

Mais c’est en Flandres que le plus gros du travail reste à faire. La police fédérale multiplie les campagnes de recrutement au Nord du pays pour encourager les néerlandophones à rejoindre les forces de l’ordre. « On a souvent moins de candidats néerlandophones, ce qui serait lié au contexte du marché de l’emploi. Il y a plus de personnes sans emploi en Wallonie qu’en Flandres« .

Une « journée du néerlandais » à Bruxelles?

Dans la foulée de cette « polémique », le député fédéral Hendrik Bogaert (CD&V) a mis sur la table une proposition surprenante : la mise en place d’une sorte de « Journée du néerlandais » à Bruxelles. Le député considère qu’il n’est pas normal que ce soient systématiquement les citoyens néerlandophones qui doivent s’adapter à la réalité linguistique bruxelloise (la capitale est francophone à plus de 90% selon le registre 2017 des déclarations fiscales). Il plaide pour que, une journée par semaine, les Flamands de Bruxelles ne parlent que le néerlandais.

Une bonne idée ? Le député n’en est pas à sa première sortie hésitante sur des questions communautaires. La semaine dernière, déjà, Hendrik Bogaert parlait « d’ethnocide » commis par les belges francophones contre la culture flamande et estimait que des excuses seraient les bienvenues… Vous aussi vous la sentez, l’approche des élections ?

Belga

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