La Belgique passe à coté de ses objectifs climatiques

La Commission européenne pointe le manque de résultat belge dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. La Belgique est également très loin de ses ambitions en matière de renouvelable.

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Le rapport publié par la Commission européenne va peut-être encore réchauffer les ardeurs des jeunes et moins jeunes marcheurs climatiques. Dévoilé par le journal Le Soir, il confirme que la Belgique est sur le point de louper ses objectifs en matière de réduction des gaz à effet de serre dans les secteurs non-industriels, principalement dans le transport, le logement, l’agriculture et le secteur tertiaire.  

Le rapport évalue les progrès de chaque État membre, analysant notamment la mise en place de réformes structurelles et la lutte contre le déséquilibre macroéconomique. Mais à l’heure des vagues populaires face au dérèglement climatique, ce sont surtout les manques de résultat verts qui frappent. « Sans mesures additionnelles, la Belgique ratera ses objectifs climatiques de 2020 et 2030 » signale d’emblée le rapport. Concrètement, en 2020, la Belgique doit avoir diminué ses émissions de gaz à effet de serre de 15% par rapport à 2005. Nous en sommes à 12%. Selon les prévisions, nous atteindrons les 14-15% en 2030… quand l’objectif sera alors de 35%.

La Belgique a également du mal à réduire ses émissions industrielles. Pour totalement décarboner sa production à l’horizon 2050, elle doit réduire ses gaz à effet de serre de 3,7 à 5,1 millions de tonnes par an dès 2030. Actuellement, fort d’un Plan national énergie-climat, notre pays prévoit de diminuer ses émissions de 0,9 Mt par an. Bref, on n’y est pas. D’autant que la Commission pointe encore le faible taux d’entreprises belges ayant réalisé un audit énergétique (58%) par rapport à la moyenne européenne (67%). Un tacle à hauteur du genou à toutes ces sociétés adeptes du greenwashing.

Pauvre renouvelable

Dans les colonnes du quotidien, l’économiste Philippe Defeyt, par ailleurs administrateur à l’Institut pour un développement durable, met notamment le doigt sur un phénomène trop peu pris en compte : l’effet rebond. Qu’il illustre comme suit : « si l’argent économisé en isolant une maison est utilisé par ses occupants pour partir trois fois par an en minitrip en avion dans le sud de la France, l’effet bénéfique pour le climat et l’environnement est proprement annihilé ». Quand il soutient qu’il est « difficile d’imaginer qu’on y arrivera sans interroger le rythme de la croissance économique ou en tout cas les modes de vie qui soutiennent l’activité économique et sa croissance », le journal répond qu’une potentielle décroissance se confronterait à une croissance économique déjà très faible et indispensable au paiement des pensions.

Enfin, la Belgique doit également remettre en question sa politique de transition vers les énergies renouvelables. Il est clair qu’à coté de la Suède qui culmine à 55% de production verte, de l’Autriche et ses 32% ou même des 17% de l’Espagne, la Belgique et ses ambitions à 13% ne font pas le poids. Pire, on en est loin, puisque l’on stagne à 9%. Seul Malte, les Pays-Bas et le Luxembourg font moins bien que nous et la moyenne européenne (17%) a de quoi nous faire rougir. Puissent les griefs de la Commission conjugués à l’affirmation d’une nouvelle conscience citoyenne dont la rue sert de mégaphone relancer l’ambition d’un pays qui en manque cruellement.

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