Déguisés en musulmans, des élèves de rhéto provoquent l’indignation

"Les 100 jours", c'est ce moment de l'année que célèbrent les élèves de 6e secondaire dans la plupart des écoles belges. Sauf que, quand l'une d'entre elles décide d'opter pour le thème "Arabie Saoudite", ça dégénère.

rhetos

L’histoire se déroule dans les couloirs et la cour de l’école catholique du collège Paters Jozefieten à Melle en Flandre Occidentale. Les élèves de rhéto, comme dans la majorité des écoles belges, s’apprêtent à célébrer le compte à rebours des 100 derniers jours qu’ils leur restent avant de quitter définitivement les secondaires. Jusque là, pas de problème, sauf qu’une partie d’entre eux a choisi comme thème l’Arabie Saoudite. Forcément, les étudiants optent pour des tenues traditionnelles du pays et arborent fièrement des keffiehs et des djellabas.

Bien que légèrement douteux comme thème (il en existe objectivement des milliers d’autres), il n’y a pas encore de problème. Sauf quand les hauts parleurs de l’école commencer à cracher l’appel à la prière et que l’un des élèves opte pour une ceinture explosive en guise d’accoutrement. Amalgame entre saoudiens et terroristes, bonjour. À la décharge de l’école, le jeune est rapidement intimé d’enlever son gadget de mauvais goût. Mais l’histoire ne s’arrête pas là puisque certains participants filment la scène et la diffuse sur les réseaux sociaux. Sur les images, les élèves agenouillés dans la cour de récréation singeant la prière pratiquée par les musulmans. Le tout accompagné de fausse localisation : Arabie Saoudite, la Mecque, etc.

Le foulard interdit à l’école, sauf pour se moquer?

Les différentes stories filmées durant les 100 jours se sont répandues comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux (et dans les médias) jusqu’à arriver sous les yeux de certaines personnes de la communauté arabophone qui se sont, légitimement, indignées. C’est le cas par exemple du YouTubeur Abdel en vrai qui s’est exprimé sur Twitter., mais il n’est pas le seul.

De son côté, le directeur de l’école, Jan De Gendt, a tenté de tempérer. « Il n’y avait pas d’intention de provoquer ni de blesser qui que ce soit », a-t-il souligné au journal néerlandophone Het Laatste News. « Les autres thèmes n’ont pas été épargnés en matière de clichés ». Contacté par nos soins, le président du centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme (UNIA), Patrick Charlier rappelle que, dans ce genre de cas, il vaut mieux être très précautionneux. Il reconnaît avoir reçu plusieurs signalements ce matin. « La dernière fois que j’ai regardé ce matin, les signalements venaient tous du côté francophones ». Étrange quand on sait que la polémique se déroule en Flandre. Pour le moment, le président de l’UNIA ne s’avance pas davantage. « Nous allons contacter l’école et le directeur pour avoir plus d’informations. On comprend que certaines personnes aient pu être blessés, mais il faut qu’on examine le dossier plus en profondeur. »

Si incitation à la haine ou à la violence il y a eu, alors les protagonistes tomberont sous le couperet de la loi. Mais dans quelle mesure étant donné qu’ils sont mineurs ? À qui la faute ? L’école qui laisse l’événement se dérouler sans broncher ? Les parents qui autorisent les enfants à se rendre déguiser de la sorte ? Quoi qu’il en soit, cette histoire n’est pas sans rappeler la polémique des « black faces » survenue il y a quelques années à l’Université de Saint-Louis. Durant une soirée estudiantine, des étudiants avaient choisi de se peindre le visage en noir et de se « déguiser » en personne d’origine africaine.

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