Les médecins belges veulent en finir avec les tests de virginité

L’Ordre des médecins demande la fin des attestations de virginité. En Belgique, il est en effet encore possible d’obtenir, moyennant un test médical, un certificat prouvant que l’on est vierge.

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La Belgique arrêtera-t-elle bientôt de délivrer des attestations de virginité ? Le Conseil national de l’Ordre des médecins veut en tout cas dire stop à un acte médical qu’il juge « inutile pour la santé, sans pertinence scientifique et lourd de conséquences potentielles sur le bien-être de la patiente ». L’avis a surpris pas mal de monde, pas tant pour le changement qu’il pourrait induire, mais parce qu’en dehors de la profession, peu de monde imaginait que cette pratique avait encore lieu chez nous. Pourtant, s’il est impossible d’estimer le nombre de cas, les gynécologues rapportent que des jeunes filles sur le point de se marier doivent, sous pression familiale et maritale, prouver leur virginité et rejoignent donc régulièrement différents hôpitaux belges pour obtenir ce qu’elles considèrent comme un certificat.

Comme une agression

C’est la dénonciation de cette pratique par l’Organisation Mondiale de la Santé qui a poussé l’Ordre des médecins de Belgique à passer à l’action. En octobre dernier, l’OMS listait une vingtaine de pays dans lesquels les attestations de virginité étaient encore en vigueur, dont l’Afghanistan, le Brésil, le Maroc ou l’Afrique du Sud, mais également les Pays-Bas, le Canada et donc, la Belgique. « Le consentement et le respect de la patiente posent question. Ces examens sont souvent demandés par des tiers sans considération pour l’intimité personnelle et le droit à la vie privée de la personne concernée. Ils peuvent être vécus comme une agression » signale l’Ordre des médecins, dont la décision est saluée par les professionnels. Mais l’avis, s’il fixe les normes de comportement des médecins, n’est pas contraignant.

Pour une gynécologue interrogée par le journal Le Soir, il doit aussi absolument s’accompagner d’une large campagne de sensibilisation. « En continuant à le faire, nous sommes complices de cette tradition. Mais si on décrète simplement qu’on ne le fait plus, on laisse les jeunes filles en difficultés » explique-t-elle sur le site du quotidien. Le Soir rajoute que la problématique de l’attestation de virginité doit être repensée en même temps que celle de la réfection d’hymen. Des femmes se font, cédant à la même pression, recoudre l’hymen pour paraitre vierge lors de leur nuit de noces. Une question sur laquelle l’Ordre des médecins est invité à se pencher.

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