Le beau monde de Vincent Peiffer : la faute à Satan

Quand le pape François s’attaque à la pédophilie dans l’Église, ça va fort…

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Historique ! Après un Jean-Paul II dans le déni total au sujet de la pédophilie en son Église, après un Benoît XVI qui refusait de sanctionner les évêques au parfum des actes de leurs prêtres pédophiles et leur permettait donc de récidiver, arriva François. Et là, avec lui, ce serait “tolérance zéro”. Il l’avait annoncé dès 2014 : ils seront tous punis. Y compris les évêques et cardinaux cachottiers. Et donc cinq ans plus tard (on prend son temps au Vatican), pendant quatre jours, Zorro François a réuni le gratin de l’Église où ça allait pétarader. Ses mots sont forts. Il faut engager une “lutte à tous les niveaux” contre “ces crimes abominables”. Les abus sexuels du clergé ne seront “plus jamais dissimulés comme ce fut le cas par le passé”. Le pape argentin compare même les victimes d’agressions sexuelles aux “êtres humains soumis au sacrifice des rites païens”. Et prévient que si nous ne sommes pas crédibles, nous ferons mieux d’arrêter de faire les prêtres”. François promet donc des “mesures concrètes”.

Lesquelles ? Petit souci, d’abord : sur les 190 évêques présents à Rome, une bonne partie a un jour protégé un prêtre abuseur. Y compris le pape lui-même. Une dizaine nie toujours l’existence de prêtres pédophiles dans leur secteur et certains demandent publiquement “pourquoi un tel boucan pour des abus sur des enfants”. Mais François était là pour du concret, il fera du concret. Une vague feuille de route à faire respecter par tous les évêques du monde entier : protection des enfants, présentation à la justice de tous les prêtres pédophiles, purification des hommes consacrés (?), formation des séminaristes contre la pédophilie, accompagnement des victimes et lutte contre la pédophilie sur le Web et contre le tourisme sexuel. Et rien sur le bris du secret de la confession en cas de pédophilie ? Et rien sur le mariage autorisé des prêtres qui auraient ainsi une vie sexuelle hétéro ou homosexuelle libre ? Ah non, ça non. Pas besoin. Parce que, d’après Francois, la personne consacrée qui se laisse asservir par sa propre fragilité humaine est un instrument de Satan”. Donc c’est Satan qui viole les gosses. Pas les prêtres. Du concret, on vous disait.

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