Le discours poignant de Greta Thunberg à Bruxelles

"On nous traite de marionnettes, comme si on était incapables de penser par nous-mêmes."

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La jeune militante suédoise Greta Thunberg est à Bruxelles ce 21 février. Invitée à s’exprimer devant le Comité économique et social européen en présence de Jean-Claude Juncker, juste avant de rejoindre la marche pour le climat, l’activiste s’est une nouvelle fois illustrée grâce à des propos forts, soulignant l’investissement des étudiants belges à manifester pour la planète. « Des dizaines de milliers d’écoliers belges font la grève pour marcher chaque jeudi pour le climat. Des centaines de milliers d’autres font la même chose partout dans le monde.»

Elle a également souligné l’urgence de la situation… Et de l’action. « Les gens nous disent tout le temps qu’ils ont de l’espoir, que les jeunes vont sauver le monde. Mais non, nous n’allons pas sauver le monde. Il n’y a plus assez de temps pour nous laisser grandir et prendre nos responsabilités. Parce que d’ici 2020, nous devons avoir drastiquement diminué nos émissions de gaz à effets de serres. C’est l’année prochaine! »

Greta Thunberg a utilisé cette tribune pour interpeller les politiciens et répondre à tous les gens qui parlent de la marche des jeunes pour le climat comme d’une hérésie. Ceux qui n’hésitent pas à dire que ces étudiants, comme la jeune suédoise, ne sont que des « marionnettes ». « Ils inventent toutes sortes de conspirations et nous traitent de marionnettes qui ne savent pas penser par elles-mêmes. Ils essayent désespérément de concentrer l’attention du public sur autre chose et changer de sujet. Ils ne veulent pas en parler, parce qu’ils savent qu’ils ne peuvent pas gagner cette bataille. Ils savent qu’ils n’ont pas fait leur devoirs, mais nous si. »

« Le monde politique que vous avez créé est basé sur la compétition »

L’adolescente continue son discours, donnant quelques clefs d’action. « Nous avons besoin de nouvelles politiques, de nouvelles formes d’économies, qui sont pour le moment basées sur les énergies fossiles qui diminuent rapidement. Nous avons besoin d’une nouvelle manière de réfléchir. Le monde politique que vous avez créé est basé sur la compétition, la tricherie parce que tout ce qui importe, c’est de gagner, d’avoir du pouvoir. Ça doit cesser ! Nous avons besoin de coopérer et de partager les ressources de la planète de manière équitable. Nous devons nous concentrer sur l’équité et revenir quelques pas en arrière pour l’avenir de toutes les espèces vivantes. Nous devons protéger la biosphère, les océans, les sols, les forêts,… »

« Si vous pensez que nous devrions être en classe, prenez notre place dans la rue! Faites grève, vous aussi! Rejoignez-nous pour que les choses avancent. Dire que tout va bien en ne faisant rien, ce n’est pas acceptable. Or c’est ce que vous faites. Se contenter d’attendre que l’espoir revienne, c’est une attitude d’enfant gâté et irresponsable. L’espoir est quelque chose qui se gagne, vous ne semblez pas l’avoir compris. Si vous estimez que nous perdons notre temps en brossant les cours, alors dites-vous bien que vous, vous avez perdu des années en ne faisant rien! » Un discours qui se clôture sous une trombe d’applaudissements, juste avant que la jeune femme ne rejoigne la marche des jeunes pour le climat au coeur de Bruxelles.

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