Hugo Clément : « Je ne pense pas qu’on fasse chier »

Ex-Quotidien, visage vedette de Konbini, il publie Comment j’ai arrêté de manger les animaux. À table donc.

Hugo Clément © Romain Rigal

Devenir végétarien, c’est bien. Mais pourquoi aviez-vous envie que tout le monde le sache ?

Parce que, quand on devient végétarien, on devient le sujet de conversation de tout le monde. Dès que les gens savent que vous êtes végétarien, tout le monde vous demande pourquoi. Je me suis dit que si c’était une question de société si importante, ça valait le coup d’expliquer quels sont les enjeux derrière le végétarisme et que ce n’est pas un choix de vie en vogue.

Qui est à l’origine de votre conversion ? Une fille, votre frère, Brigitte Bardot ?

Mon frère, Xavier, depuis longtemps conscientisé sur ce sujet. C’est lui qui m’a offert le livre de Jonathan Safran FoerFaut-il manger les animaux? – et sa lecture a fait basculer les choses.

Vous êtes végétarien depuis un an… Depuis, vous n’avez pas craqué ? Un petit bout de saucisse à la sauvette, une tranche de Fleury Michon en cachette ?

Non. Le plus dur c’est le poisson. J’ai encore assez souvent envie de manger du poisson et je dois me retenir…

Petit, vous aviez un chien, un chat, un poisson rouge, un hamster, une tortue ?

Rien, je n’ai jamais été amoureux des animaux. Mes parents avaient un chat – Éclipse – et quand il est mort, j’étais un peu triste mais pas traumatisé.

L’expression “Balance ton porc” est insultante pour le porc puisque vous nous rappelez combien cet animal est doux et affectueux.

Ce n’est pas anodin de refuser de reconnaître qu’il est sensible et intelligent. Le rendre invisible dans des hangars où il ne voit pas la lumière permet de le manger sans s’en vouloir.

Quand on arrête la viande, c’est comme quand on arrête le tabac ou l’alcool: on fait chier tout le monde ?

(Rire.) C’est une bonne question, mais je crois que ça dépend vachement des personnalités. Je ne pense pas qu’on fasse chier, mais c’est un sujet qui concerne tout le monde.

Quand on invite, vous ne militez pas à table…

Non, si mes potes mangent du jambon devant moi, je ne réagis pas. Par contre, si on me pose des questions, la discussion peut débuter…

C’est bien beau de ne plus manger de viande, mais vous prenez tout le temps l’avion. Comment être cohérent ?

Quand on est journaliste à Paris et qu’on prend l’avion pour des reportages au bout du monde, on ne peut pas être exemplaire et je ne serai jamais exemplaire. Je prendrai toujours une douche une minute de trop, ce n’est pas la peine de chercher la contradiction chez chacun, mais tout ce qu’on fait pour la planète est bon à prendre.

Vous représentez un “journalisme beau gosse”, un “journalisme cool”. Pensez-vous que le journalisme doit être incarné pour intéresser aujourd’hui ?

Je n’ai pas la prétention d’incarner le nouveau journalisme… L’idée de mettre un visage sur un reportage crée un lien avec la jeune génération qui regarde moins la télé, cette image peut les amener vers du contenu…

Votre pire cauchemar : assister à une corrida, travailler chez KFC ou voir la préparation d’un homard dans un restaurant ?

(Rire.) Mon pire cauchemar c’est aucun des trois, mais si je devais choisir, je dirais… euh… (silence…) la corrida.

Comment j’ai arrêté de manger les animaux, Seuil, 192 p.

Rencontre Hugo Clément, le 21/3. Filigranes, Bruxelles.

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