Cet emoji pourra être retenu contre vous

Envoyer un petit tas de caca ou un pouce levé n'est pas forcément une blague sans lendemain. Les émojis sont entrés dans les procès, ceux de harcèlement en tête.

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Les cas se multiplient aux Etats-Unis, selon le professeur de droit américain Eric Goldman dont les propos ont été recueillis par Radio Canada. Le premier procès à mentionner ce qui se nommait alors un « émoticône » remonte à 2004. Depuis lors, au moins 171 autres litiges ont mentionné des émojis ou des émoticônes, dont 30% rien qu’en 2018. Ces chiffres ne sont pas exhaustifs. Mais c’est donc de plus en plus fréquent.

En Belgique, on n’est pas à l’abri. « L’émoji est une image. Et toute image peut traduire une opinion ou donner une information. Si le juge peut en tirer un message clair et univoque, l’émoji pourra être une preuve. Un pouce levé pourra traduire un consentement. Tout est question d’interprétation et du contexte dans lequel l’émoji a été envoyé », décrypte cette avocate en droit pénal belge. « Dans toutes les affaires de harcèlement sur les réseaux sociaux, on peut imaginer que l’émoji sera particulièrement mis à contribution », ajoute-t-elle. Logique, on en envoie à tour de bras et de clics.

Un lapin, une comète, un écureuil

Un procès qui s’est déroulé en Israël a été plus loin. Un propriétaire immobilier a poursuivi un couple qui envisageait de louer un bien et avait envoyé une danseuse, deux femmes déguisées en lapin, une main avec deux doigts levés, une comète, un écureuil et une bouteille de champagne. Les locataires potentiels s’en sont toutefois tenus à la ribambelle d’émojis. Le juge a retenu les émojis contre les locataires qui ont été condamnés à payer 2900 dollars en dommages au propriétaire de l’immeuble, rapporte Radio Canada. Gare donc aux émojis indélicats ou en situation où l’on s’engage. Reste à traduire, pour un juge, ce qu’un clin d’oeil – un des émojis les plus envoyés – veut bien dire.  

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